Retour de Tatihou, 1e partie

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Retour de Tatihou, 1e partie

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Photos Patrice Dalmagne et Jocelyne Gallais

Tatihou ? Non, ce n’est pas la petite sœur de Tahiti, mais une jolie petite île dans la Manche française, en Basse-Normandie, face au port de Saint-Vaast-la-Hougue (prononcez vaa) et qui devient presqu’île à marée basse. On peut donc s’y rendre à pied.

D’où le nom de son festival, Les Traversées de Tatihou, 18e édition cette saison. Du 17 au 21 août, les festivaliers chaussent bottes ou sandales pour 2 kms de marche en suivant le Run, chemin au milieu des parcs à huîtres pour se rendre à Tatihou où se déroulent les concerts de l’après-midi dont les horaires sont établis en fonction des marées. Cette traversée, devenue mythique au fil des ans, est unique : dépaysement, surprise, bonne humeur, plaisir et magie à l’arrivée sur l’île.

Festival des musiques du large, Les Traversées offrent une programmation d’artistes connus où émergeants venant d’horizons et de cultures maritimes proches où éloignés pour un public ouvert, chaleureux, enthousiaste souvent comme lors de la première traversée, celle d’un vendredi 17 ensoleillé où le groupe Habadekuk revisite les vieilles danses danoises avec une énergie contagieuse, un tempo cuivré et coloré.

L’orchestre danois, constitué d’interprètes issus de genres musicaux divers, mêle aussi salsa, jazz et folk, enflammant par sa fusion brûlante le public pour son premier concert en France.

En soirée, deux bals font virevolter les jambes et tourner les têtes. Rondeaux et autres danses gasconnes avec Clica Dròna  (la clique des bourdons), un jeune groupe toulousain qui actualise la musique traditionnelle de sa région. On y retrouve au toum-toum (percussion à cordes occitane), l’excellent Dani Detammaeker, membre d’autres formations comme Boréale ou Accordzeam.

Quittons l’Occitanie pour la Bretagne : andros, laridés et gavottes avec Sterne, des joueurs déployant, entre tradition et modernité, le dynamisme dansant des plus frénétiques des festoù-noz.

Le samedi nous réserve une agréable surprise : le Brésilien du Sud Renato Borghetti, virtuose de la gaïta ponto, accordéon diatonique, originaire du Rio Grande do Sol, qui fusionne milonga, chacarera ou chamamé et rythmes pop, jazz, fado, tango. Il réussit un échange détonnant entre son accordéon, la flûte et la guitare de ses complices, deux musiciens d’exception.

 Ensuite, c’est la musique des Pouilles qui entraîne les spectateurs grâce à la maestria de Canzoniere Grecanico Salentino. Groupe remarquable dont la danseuse en longue robe rouge captive les festivaliers avec ses tarentelles étourdissantes.

Entre passion et énergie, les Italiens du Sud jouent des ballades amoureuses et des thèmes sociaux interprétés dans un dialecte vigoureux par la chanteuse au son des tamburellos et de la zampogne.

Le soir, sous le chapiteau de Saint-Vaast-La-Hougue, les créations polyphoniques et les arrangements originaux d’un groupe montant de la nouvelle génération polonaise d’interprètes de chants de marins, Sąsiedzi, ont ému l’auditoire.

Une chanteuse et cinq chanteurs musiciens (flûte, guitare, violon, tambourin, concertina) repérés au dernier festival biannuel du Chant de marins de Paimpol (2011) et dans lesquels le public des Traversées s’est pleinement reconnu à travers leur répertoire maritime (les textes anglais, français, etc. sont traduits) jusqu’à fredonner le refrain d’un succès du groupe normand Marinade, La Goélette du Cotentin en… polonais !

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2013-08-31

Renato Borghetti et son groupe interprètent "Asa Branca", hymne du nordeste brésilien lors de la 18ème édition du festival de Tatihou

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