Tourbillon québécois sur l’Ile de France

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Tourbillon québécois sur l’Ile de France

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Pierre Chartrand et Le Vent du Nord : Photo Patrice Dalmagne

Un rayon de soleil fait oublier le début d’après-midi pluvieux de ce dimanche 25 septembre. En prélude au bal-concert du groupe québécois Le Vent du Nord, les musiciens de l’Orchestre d’Harmonie de Nangis (Seine-et Marne) s’accordent sous la Halle de la Bergerie, une ancienne dépendance du château de Nangis. Le public arrive peu à peu, accueilli en musique après avoir flâné près des douves, visité le pigeonnier et les souterrains de cette cité médiévale situé au cœur de la Brie, à soixante kilomètres de Paris.

Pendant que les gourmands dégustent d’appétissantes crêpes au sirop d’érable (canadien ?), Le Vent du Nord s’installe sous les lumières de la Halle.
Quatre gaillards, Réjean Brunet (accordéon, guimbarde), Nicolas Boulerice (vielle à roue), Simon Beaudry (guitare), Olivier Demers (violon), aux voix puissantes et chaleureuses racontent et chantent avec générosité et humour des histoires du Grand Nord et d’Acadie.

« Où les fleurs volent au vent, si jolie mignonne ». Des paroles qui nous rappellent les vieilles chansons de nos provinces. Au début du 17ème siècle, les premiers colons français, dont de nombreux Poitevins, sont arrivés au Canada, suivis par les migrants irlandais. Les chansons françaises rencontrent la musique de la verte Erin, et, au gré du temps, les danses suivent les diverses modes et influences : sets carrés, contre-danse française ou anglaise des 18ème et 19ème siècles.

Sous la Halle, les couples sont en place, prêts pour un quadrille, chacun ayant invité sa blonde. « Et en avant… et chaîne des dameset swing avec son partenaire ». Pierre Chartrand « calle » (annonce) les figures. Les danseurs tournent et swinguent avec un plaisir non dissimulé. Traditionnellement, le calleur doit s’assurer que tout le monde s’amuse. Il annonce les chorégraphies en anglais et brode en français entre celles-ci.

Danseur impressionnant, Pierre Chartrand a collecté de nombreux pas au Québec et en Acadie. Partageant la scène avec Le Vent du Nord, il a chaussé ses claquettes pour un bal de gigues vertigineuses, danses vives, gaies, tournantes, percussives et rythmiques, pour le plus grand bonheur de tous.

Depuis sa fondation en 2002, Le Vent du Nord écume le monde entier. Ses quatre membres actuels (le groupe a connu quelques changements de personnel) ont un parcours riche en rencontres et ont joué dans des formations connues et reconnues, comme la Bottine Souriante ou Le Cirque du Soleil (la troupe créée en 1984 qui est à l’origine de la multinationale  de spectacle du même nom).

Le Vent du Nord est aussi co-fondateur de La Veillée de l’avant-Veille, concert-veillée folk-trad incontournable de fin d’année à Montréal. Ambassadeur de la nouvelle scène folk québécoise, le groupe a reçu en France, entre de multiples récompenses, le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 2012, et a à son actif plus de 1 400 concerts et 8 albums, dont le dernier opus Têtu (Borealis Records, 2015).

Avec son dosage éblouissant de tradition et de compositions actuelles porté par une présence scénique époustouflante, Le Vent du Nord a fait briller pendant deux heures sur Nangis un soleil bouillonnant qui a chassé de la tête du public la grisaille humide de ce dimanche automnal.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com

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