Fest-noz au Théâtre Zingaro

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Fest-noz au Théâtre Zingaro

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Michel Colleu et Pierrick Cordonnier © Patrice Dalmagne

C’est dans un décor insolite et dépaysant, loin des lieux communs, que le Festival de L’Imaginaire a organisé un évènement inhabituel ce samedi 8 juin. Invités au Théâtre Equestre Zingaro à Aubervilliers, chanteurs, sonneurs et musiciens ont animé un fest-noz breton avec brio et convivialité.

Le fest-noz, ou « fête de nuit » en français, est à l’origine une pratique rurale devenue aujourd’hui manifestation urbaine. L’Unesco l’a inscrit en décembre dernier au patrimoine immatériel de l’Humanité. Pour la 17ème édition du festival, la Maison des Cultures du Monde se devait donc de présenter cette manifestation culturelle emblématique de la Bretagne, et réunit pour l’occasion un magnifique plateau, offrant la pluralité et la diversité des différents terroirs et leur expression particulière.

Charles Quimbert, enraciné dans la tradition de Haute-Bretagne et Mathieu Hamon, le paysan-chanteur du pays de Redon, tous deux grands collecteurs du répertoire, mènent de leurs voix chaudes et profondes les ridées 6 temps du pays Gallo. Tandis que les chanteurs émérites de kan ha diskan (chant et contre-chant) Erik Marchand et son compère Ifig Troadec entrainent les danseurs dans des plinns et gavottes du Centre-Bretagne. Du bord de mer et du pays vannetais, au son du biniou et de la bombarde, le couple de sonneurs, père et fils, Gilbert et Tudual Hervieux font tourner andro et kas ha-barh.

Retour en Haute-Bretagne. Michel Colleu et Pierrick Cordonnier, respectivement au violon et à l’accordéon, n’hésitent pas à descendre de la scène et mener des rondes à 3 pas au milieu des danseurs après avoir joué avant-deux, polka et danses du Trégor. A l’encontre du cliché biniou-bombarde, Michel a sorti sa vielle plate, instrument que l’on voit peu aujourd’hui en Bretagne. Pourtant, elle était présente du coté de Saint-Brieuc et Lamballe depuis le milieu du 19ème siècle jusque dans les années 1950. Elle accompagnait le chant des vielleux, et aussi les violons, clarinettes et le couple biniou-bombarde.  On pouvait compter en 1930 autant de vielles en Bretagne que dans le Berry.

Parmi les nombreuses formations talentueuses ayant émergé ces dernières années, la Maison des Cultures du Monde a retenu Loened Fall, en breton « les mauvaises bêtes ». Le groupe est né en 1996, suite à la  rencontre du couple de chanteurs de kan ha diskan Ronan Guéblez et Marthe Vassallo, et des musiciens Thomas Lotout à la bombarde, Hervé Bertho au violon, et Marc Thouénon à la guitare et au bouzouki. Loened Fall propose un équilibre osé et savant entre les voix et les instruments, et  invite l’assistance à la danse avec une jubilation communicative.

Un petit bémol toutefois : les franciliens habitués des festoù-noz furent peu nombreux à se déplacer ce soir là et les épais tapis du Théâtre Zingaro étouffaient le martèlement des pieds des danseurs.  Etrange sensation d’un fest-noz un peu décalé et à l’ambiance feutrée. Qu’importe, la rencontre était belle et a prouvé une fois de plus la diversité des terroirs et pratiques musicales d’une région magnifiée par ses chanteurs, sonneurs et musiciens talentueux.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2013-06-23

Loened Fall au fest-noz de Villejuif en février 2013

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