Forabandit captive La Courneuve

reportage

Forabandit captive La Courneuve

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Photos Patrice Dalmagne & Jocelyne Gallais

Les fresques murales de Blasco Mentor peintes en 1965 donnent à la salle une ambiance particulière, colorée et intimiste à la fois. Le public attend avec un zeste d’impatience. Arrivant ce 9 novembre sur la scène de l’Espace Jeunesse Guy Môquet, au dernier week-end du festival des Villes des musiques du monde, le trio Forabandit est accueilli par des applaudissements enthousiastes.

Comme le dira à la fin l'organisateur des concerts PolySons à La Courneuve, Kenan Öztürk (organisateur des concerts PolySons : « C’est fort, c’est fort ». Le public, issu de la communauté turque ou à sensibilité orientale, se laisse emporter par la force de la poésie et l’interprétation d’un répertoire audacieux. L’écoute est profonde, en harmonie avec les trois musiciens présents venus d’horizons musicaux divers et font se rencontrer dans un tourbillon de notes Occitanie, Anatolie et Iran.

L’intensité lyrique, l’accent chantant, la voix éraillée de Sam Karpienia, troubadour marseillais nourri de tradition occitane, accompagne son chant de pincements précises et chargées d’émotion du mandoloncelle, cet instrument né au XIXe siècle de la mandole. La voix douce et intime d’Ulaş Özdemir, le trouvère et chercheur d'Istanbul, s’unit à celle grave de Sam Karpienia. Tout comme se mêlent la musicalité des mots turcs et celle des termes occitans, confondus dans un même chant.

Le jeu de cordes du bağlama d’Ulaş complète lui aussi celui du mandoloncelle de Sam et les frappes de zarb du Franco-Iranien Bijan Chemirani, qui rythme avec finesse les pulsations des chansons et souligne toute une communion de sons et de sensibilité entre les anciennes poésies d’Occitanie et d’Anatolie.

Né en 2009, le projet Forabandit (être mis à l’écart, en occitan) offre, par son approche contemporaine, une création musicale originale, une aventure inédite dans des univers musicaux méditerranéens. La fusion des genres sublime ce voyage captivant où la poésie courtoise des ménestrels des pays d’Oc et les chants protestataires et libertaires des ashiks (bardes) d’Anatolie renaissent avec bonheur à travers nos trois néo-troubadours dans une salle sous le charme.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2012-11-22

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