Les Escales de Saint-Nazaire, 2e partie

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Les Escales de Saint-Nazaire, 2e partie

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Photo Jocelyne Gallais

En musique, il faut se méfier des célébrités. Elles donnent souvent des concerts laborieux car fréquemment mises sur les rotules par leurs tournées marathoniennes estivales. Mais le samedi 4 août, deuxième et dernier soir de la 21e édition des Escales, nous a réservé quelques agréables surprises en la matière. On a rarement vu une Susheela Raman aussi survoltée, enflammant la scène Parc des Expositions, la plus importante du festival nazairien.

En robe noire, la chanteuse anglo-tamoule déploie une énergie incroyable, un chant puissant, poussée par un groupe habité par une ferveur contagieuse. Il semble que la troupe tire cette rare vitalité de la foule impressionnante et complice massée à ses pieds, vibrant à sa fusion rock carnatique saturée de guitares, une percussion indienne, et dynamisée par les robustes vocalises tamoules d’un chanteur compère de Susheela.

Il faut dire qu’auparavant, le jour tirant à sa fin, devant la même scène l,e public a été bercé par le charme d’une autre renommée, une Luz Casal généreuse. En longue robe rouge sexy, la vedette espagnole livre sa douce chanson vaguement flamenco, boléro, rumba, tango, sur des aires languides de deux guitares acoustiques, basse électrique, contrebasse, piano, batterie.

La programmation de la scène Parc des Expositions est ainsi montée judicieusement en intensité atteignant le paroxysme avec Asian Dub Foundation, succédant à Susheela Raman, assénant des compositions énervées, galvanisantes de hip hop, d’electro, ragga, musique indienne, rock. Avec seulement deux voix, un DJ, deux guitares, un dholak, le groupe londonien joue une furia qui ferait croire qu’ils sont une vingtaine à embraser les planches pour le bonheur d’un public qui s’est sensiblement rajeuni depuis l’ouverture de Luz Casal. Nous sommes au milieu de la nuit.

Les quatre autres scènes réparties sur les dix hectares du port de Saint-Nazaire occupés par les Escales font (re)découvrir quelques combos attractifs à l’exemple du Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou. Sur la scène Estuaire, d’où l’on peut admirer le monumental pont enjambant l’embouchure de la Loire, ils sont une dizaine de Béninois en tuniques orangées, nostalgiques de l’âge d’or de la salsa, du rhythm’n’blues, de l’afrobeat, du funk et de la soul réunis.

Des ingrédients qu’ils cuisinent copieusement avec cuivres, guitares, calebasse, pour gaver les oreilles d’un public nazairien captivé par le swing contagieux et juvénile d’un groupe formé il y a quarante-six  ans pour faire guincher les noceurs de la capitale du Bénin. Après un silence de plusieurs lustres, l’orchestre renaît dès 2007 de ses cendres et retrouve la magie de son ancienne gloire. A Saint-Nazaire, les festivaliers ont compris que le Poly-Rythmo ne vient pas pour rien du pays du vôdun, vaudou.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-08-19

L'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou en concert au Pavillon Baltard le 2 octobre 2011, avec comme invités Cheik Tidiane Seck, Paco Sery, Touré Kunda, Fafa et Patrick Ruffino.

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