Célébration musicale du MuCEM

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Célébration musicale du MuCEM

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Photo Agnès Mellon

Ce vendredi 7 juin 2013, dans le cadre de l'année culturelle, avait lieu à Marseille l'inauguration du MuCEM, le musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée. Cet ensemble somptueux, situé à l'entrée du vieux port et couplé avec le fort St-Jean, a pour vocation la mise en valeur des arts et des cultures de la Méditerranée. Et pour une fois la musique n’a pas été oubliée…

Ainsi deux mille cinq cents personnes s’étaient rassemblées sur l’esplanade du J4 pour assister dans un cadre féérique au concert inaugural, une création des frères Khoury, virtuoses jordaniens d’origine palestinienne, rejoints pour un soir par la flamenquiste Estrella Morente, fille du grand chanteur Enrique Morente.

Dépassant le classicisme, la musique orientale du Khoury Project, en se dotant d’une colonne vertébrale jazz et des couleurs du flamenco, distille un genre hybride, créant à lui-seul un nouveau souffle dans la musique Méditerranéenne.

Le ton était tout de suite donné, dès le morceau d'introduction. Accompagnés d'un quintet de cuivres et percussions, les trois frères au qanoun, violon et oud arabisaient une dynamique rythmique jazz, nous balançant savamment entre swing et gammes méditerranéennes dans le décor grandiose de l'entrée du vieux port.

Sérieux et appliqué, cet ensemble métissé interprète sa musique avec passion ; mais il va finir par littéralement s'embraser à l’arrivée d’Estrella Morente, accompagnée de son guitariste Montovita et des palméristes Solea et Quiqui Morente. Le concert prend tout de suite une autre dimension. Les frêres Khoury, au début discrets derrière la voix de Madame, vont jouer leur carte de mélodiste, notamment Osama au qanoun, et réussir à porter au firmament la chanteuse grenadine, ce soir-là au sommet de son art. Un moment de bonheur, et si Estrella Morente possède une de ces rares voix qui font briller l'art du flamenco actuel, les frères Khoury quant à eux, sont habités par l'âme que possèdent les futurs grands.

Même le mistral retient son souffle, tandis que le MuCEM scintille dans son écrin. La magie est au rendez-vous, le pari gagné : les prochaines programmations musicales du lieu auront certainement trouvé leur public. Car au final si Marseille a eu la chance de recevoir une grande dame du flamenco, ce n'était pas forcément un public d'aficionados qui étaient sur place mais bien une population majoritairement locale, originaire de divers horizons, fière d'être marseillaise et curieuse des musiques du Monde.

Par Jean-François Fontayne | akhaba.com | 2013-06-19

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