Fièvre gitane à Paris

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Fièvre gitane à Paris

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Photos Patrice Dalmagne

Après-midi parisienne aux accents andalous à la Cité de la musique ce dimanche 24 février où communauté hispanique et aficionados d’ailleurs attendent patiemment l’ouverture de la salle de concert. Le cycle consacré à l’Andalousie gitane s’achève avec La Susi et Agujetas, deux grandes figures du flamenco, qui vont sublimer sa beauté et sa diversité, d’Alicante à Jerez.

Les couleurs du chant profond s’installent sur scène : ambiance et robe rouge de La Susi, un grand châle en dentelle noire jeté sur ses épaules. Les palmas de Carmen et Mercedes Amador rythment avec précision tangos et bulérías. La guitare de Paco Iglésias accompagne de ses pincements précis la voix légèrement éraillée de La Susi.

Le chant gitan et dépouillé révèle les souffrances et les amours d’un peuple. La Susi se lève, altière, ardente, ses pieds vivent la musique. Cette fois, une étole rouge ondule et appuie la grâce de sa danse d’une gestuelle vive et puissante ou d’une lenteur saisissante. Sa maturité et sa passion enflamme le public qui l’ovationne en espagnol.

Eternels, épurés, les chants d’Agujetas, eux, submergent la salle avec puissance. A capella ou accompagnées du guitariste Antonio Soto, ses martinetes, soleraes et siguiriyas envoûtent. C’est une poésie sauvage, simple et authentique. Agujetas, maître du cante jondo, chant profond, est entier et indomptable, comme les sols arides, la richesse des mines et la chaleur de la forge de sa jeunesse.

Au cœur de cette musique bouleversante, martelant le sol avec un grand bâton, la señora Kanoko suspend le temps. C'est la femme d'Agujetas, une Japonaise rencontrée il y a plusieurs années lors d'une tournée au pays du Soleil levant, devenue l'une des plus grandes danseuses de flamenco.

Vêtue d’une longue robe noire sur un jupon vert qui tournoie au rythme de son corps, Kanoko explose de grâce et de légèreté tout en gardant sa force et son identité. Emportés par la voix déchirée d’Agujetas, mémoire du répertoire populaire de Jerez, la salle conquise l’acclame avec chaleur et admiration.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2013-03-15

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