Marionnettes indiennes à la Maison des Cultures du monde

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Marionnettes indiennes à la Maison des Cultures du monde

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Photo J.M. Steinlein

Lundi 9 avril, devant un public pleinement acquis à sa cause, le singe Hanumān a remporté la partie face au démon à dix têtes, Rāvana. Pour y arriver, il lui aura fallu voler dans les airs, combattre à l'épée, terrasser la démone Lankini, échapper aux gardes du palais... Une fabuleuse aventure tirée de l'épopée hindoue Rāyana, présentée par de subtiles marionnettes à fils.

Absolument magnifiques, toutes de rouge et d'or parées, ces figurines sculptées sont manipulées avec une savante précision qui leur confère tant de grâce dans les moments dansés, y compris sur les tālas, les cycles rythmiques les plus compliqués à mettre en place. Les marionnettistes, que nous avons eu la chance de voir en action dans la deuxième partie du spectacle, ne reculent devant aucune difficulté technique, allant jusqu'à mettre en scène une chevauchée à bride abattue nécessitant un quatre mains virtuose !

Cet art populaire du Karnataka (Inde du Sud), nommé Yakshagana gombeyata, est un dérivé du théâtre paysan du XVIe  siècle. Il aurait pu disparaître à la fin du XXe siècle, si quelques spécialistes occidentaux des cultures du monde n'avaient permis à Kogga Kamath de remettre en route le dernier petit théâtre de marionnettes du genre.

Aujourd'hui, c'est le fils de Kogga, Bhaskar Kogga Kamath, et sa troupe qui ont émerveillé le public du 16e festival de l'Imaginaire avec leur épopée fantasmagorique portée par un chant soliste sur des rythmes fiévreux de tambours maddale et chenda, d’harmonium shruti. Et ce ne sont pas les dizaines d'enfants amusés et médusés qui me contredirons !

Par Mathieu Rosati| akhaba.com | 2012-04-11

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