2e édition du Festival Eurofonik à Nantes

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2e édition du Festival Eurofonik à Nantes

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Canzoniere Grecanico Salentino © Jocelyne Gallais

Les 5 et 6 avril derniers à Nantes, la deuxième édition du festival Eurofonik a présenté à un public curieux et de tous âges, une programmation audacieuse et éclectique, palette des musiques actuelles européennes héritées des traditions orales.

Dès 20h, le vendredi 5, la scène Eurofolk de la grande halle du Palais des Congrès accueillait une suite de concerts-bals. Accordéoniste talentueux au swing époustouflant, Michel Macias, rejoint par André Minvielle, le poète vocalchimiste des rythmes, ont entrainé les danseurs dans un tourbillon gascon de valses, scottishs et javas.

Ce bal populaire et festif fut bientôt suivi d’un set « eurofonikien ». Dj Wonderbraz au décolleté plongeant, aka Yuna le Braz, fille du grand Dan, représentante d’une nouvelle scène électro-world armoricaine, a entrainé l’assistance dans un univers sonore hétéroclite, mixant des airs et chants bretons à ses rencontres musicales portugaises, ibériques ou turques.

De la Roumanie à la Bretagne, la musique éclatante et cuivrée du Taraf de Caransebes s’est mêlée aux gavottes d’Erik Marchand dans un fest-noz tzigane endiablé.

Révélation et découverte du festival, les italiens de Canzoniere Grecanico Salentino ont embrasé la salle. Au son des tamburelli et zampogne, sous le charme des chants interprétés dans un dialecte salentin vigoureux et de la longue robe rouge virevoltante de la splendide danseuse Silvia Perrone, « La nuit Danse » s’est terminée dans un déchainement de pizzica et tarentelles enivrantes.

Parée de costumes aux détails délirants et savants, L’étrange Gonzo, fanfare bigarrée en jaune et noir accueillait le public samedi 6 dans l’après-midi. Composée d’une vingtaine de cuivres et percussions, cette fanfare qui se définie « polymorphonique » s’approprie, dans une explosion de rythmes, polkas et mazurkas pour un bal des familles déjanté. Elle accompagnait les spectateurs qui déambulaient d’une salle à l’autre au gré des animations et des concerts.

Grande voix de la scène bretonne, Annie Ebrel a offert, en toute simplicité, des instants sublimes. Son chant répondant aux percussions de l’iranien Bijan Chemirani, les improvisations de l’harmoniciste de jazz Olivier Ker Ourio et les harmonies subtiles du guitariste Pierrick Hardy ont magnifié gwerz, sonious et kan ha diskan.

La Réunion est venue faire un clin d’œil à l’Europe. Autre grande voix féminine, Christine Salem, à la coupe afro et à la voix rauque et profonde, a créé un pont entre maloya et africanité. Les rythmes de transe, textes et onomatopées aux  accents créoles, malgaches et swahilis nous rappellent la révolte de ses ancêtres.

Le sourire de Sharon Shannon a illuminé la scène de la Grande Halle, tandis que ses doigts couraient avec virtuosité sur le clavier de son accordéon, emplissant l’espace de jigs et de reels aux influences multiples (cajun, country, reggae). L’incontournable musicienne irlandaise était accompagné de sa sœur Marie Shannon au banjo et bouzouki, de Monica Brennan au chant, John Regan au violon, Jim Murray à la guitare et Jack Maher à la guitare électrique et chant. Un concert éblouissant, des instants précieux vécus intensément, Sharon Shannon venant rarement nous rendre visite en France.

Eurofonik est un festival de rencontres et de découvertes. L’intimité de la salle Acoustik privilégie les instants magiques. La légèreté et l’élégance de la musique de chambre populaire des quatre musiciennes talentueuses du Tokso Folk string Quartet a envoûté et ensorcelé. Hardingfele, lyra crétoise, nyckelharpa s’expriment tout en nuances et fluidité, en duo ou en solo, soutenu par le violoncelle, mettant tour à tour en valeur des compositions originales inspirées des styles norvégiens, grecs, suédois et français.

Ce concert cosmopolite fut suivi d’une chorégraphie insolite : la rencontre improvisée de la danse contemporaine et du chant traditionnel poitevin. Accompagné au piano par Julien Padovani, Christian Pacher et Armelle Dousset ont créé un évènement inattendu, où chant à danser et improvisation corporelle fusionnaient et s’opposaient tour à tour.

Loin des clichés des sérénades au balcon, Serenata mandopolitana a transporté et charmé un public attentif. S’invitant tour à tour, les mandolines jouaient en finesse airs savants ou ritournelles populaires, tandis que la pureté des voix et des mélodies invitaient au voyage sous le soleil napolitain ou sicilien. 

Ambiance rock, public debout, la scène Tribal a reçu Hedningarna. Depuis 1987, le groupe mythique de la musique suédoise influence les jeunes générations. Look déjanté et punk, des percussions tribales, l’utilisation abusive de pédales et sampling, le folk rock progressif suédois a séduit les jeunes nantais et les a emportés dans des rythmes de techno païenne et chamanique.

Inattendu et décalé, le spectacle plein d’humour du Dispositif inespéré de conférence motorisée et pliable de Laurent Rousseau et Alain Cadeillan (hommes d’expériences !), installé sur la mezzanine, étalait un bric-à-brac incroyable. Ces musiciens utilisent et détournent les objets  avec loufoquerie et les transforment en instruments de musique digne d’une lutherie imaginaire.

C’est avec l’accent chantant de Marseille des musiciens de Lo Còr de la Plana que s’est terminée la deuxième édition d’Eurofonik. Les polyphonies occitanes réinventées, accompagnées aux bendirs, battements de pieds et mains ont fait chanter et danser le public enjoué jusqu’au milieu de la nuit.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2013-05-10

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