Retour de Tatihou, 2e partie

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Retour de Tatihou, 2e partie

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Photos Patrice Dalmagne et Jocelyne Gallais

Dimanche 19 août, la petite île normande jette un pont par-dessus l’Hexagone pour joindre une autre insularité, la Corse. A marée basse, les marcheurs envahissent l’estran pour ce grand moment de la 18e édition Traversées de Tatihou, rencontrer le plus connu des groupes de l’Ile de Beauté : I Muvrini.

L’universalité des thèmes abordés depuis trois décennies par la formation des frères Jean-François et Alain Bernardini leur confère un statut à part. La salle comble vibre au son des paghjelle (polyphonies traditionnelles) pendant un show de deux heures avec projection d’images, en illustration des textes chantés ou lus en corses.

Ce même jour une autre musique insulaire envoûte les festivaliers. Celle de la Haïtienne Moonlight Benjamin dont la voix écorchée sur des arrangements musicaux minimalistes, danse et jeu de lumière de cérémonie vaudou, parle de révolte, exil, souffrance.

Le lundi 20 est dédié à la francophonie. Les Charbonniers de l’Enfer ont carbonisé nos oreilles ! Cinq voix dont les tapeux de pieds Michel Bordeleau et André Marchand (fondateur du groupe légendaire québécois de La Bottine Souriante) qui interprètent de manière audacieuse des chansons traditionnelles du Québec.

Le groupe chante aussi le répertoire contemporain, des adaptations des chants folk rock de Neil Young, rock de Noir Désir et de l’icône de la chanson québécoise, Félix Leclerc. Cinq voix qui méritent chaudement leur nom : leur registre a cappella podorythmé a semé l’enfer sous le chapiteau !

Autres vétérans de la scène néo-traditionnelle internationale et encore bourrés d’énergie, Gabriel (Yacoub) et Marie (Sauvet) retrouvent l’âge d’or de Malicorne. Entourés des musiciens de Gabriel, le duo reprend le plus souvent les succès du groupe mythique de folk avec des arrangements anciens et nouveaux, éclipsant parfois les compositions plus récentes de Yacoub.

C’est un voisin breton qui finit la soirée en beauté. Toujours épris de justice et de liberté, Gilles Servat a ravi le public qui reprend avec lui les imparables La Blanche Hermine et L’Hirondelle. Le néo-barde remercie ses spectateurs pour ce grand moment d’émotion, prenant plaisir à les rencontrer après le concert et à dédicacer ses disques.

Mardi 21, la dernière journée des Traversées entraîne les festivaliers dans l’imaginaire celte avec l’Irlandais Alan Kelly Gang. Jigs, reels transcendés par le jeu de Kelly, remarquable accordéoniste, la jeune flûtiste new-yorkaise Steph Geremia au timbre bien irlandais (à redécouvrir) et la présence exceptionnelle de la chanteuse écossaise Eddi Reader.

Pas de rappel : marée montante oblige, car après l’Irlande, il faut vite voyager en Ecosse grâce à Mànran. Six jeunes talentueux qui ont électrisé le public avec leur combinaison dynamique de chants gaëliques et anglais, fusion de superbes couleurs musicales sur fond d’accordéon, flûte, violon, guitare, cornemuse.

Une virtuosité que l’on retrouve à notre retour sur le continent avec le folk rock irlandais d’Electric Ceili Band, emmené par le guitariste Tim Murray, enflammant cette fois Saint-Vaast-La-Hougue, le port qui dessert Tatihou. Des Traversées ancrées dans un paysage exceptionnel qui a charmé cette saison plus de 10 000 festivaliers marcheurs.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2012-09-04

Le groupe écossais Mànran lors de leur passage aux Traversées de Tatihou 2012

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