Hommage du festival d’Ile-de-France à Róza Eskenázi

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Hommage du festival d’Ile-de-France à Róza Eskenázi

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Photo Patrice Dalmagne

En cette fin d’après-midi ensoleillée du dimanche 23 septembre, trois chanteuses et des musiciens d’exception sont réunis au Cabaret Sauvage, au Nord de Paris, dans le cadre du festival d’Ile-de-France, pour un hommage à Róza Eskenázi (vers 1895/97-1980), la diva du rebétiko.

Ce blues grec métissé de culture turque, d’accents sépharades, qui parle sans tabous de hachisch, de prostitution. Une culture cousine du fado pour son spleen inconsolable, du tango pour ses récits contant la pègre, et du chaâbi algérien pour sa sonorité traditionnelle et ses thèmes chroniquant la vie du petit peuple à coup de bouzouki, beglama, violon, accordéon, santouri.

Róza, dont la vie ne fut pas rose, est devenue symbole de cette musique populaire urbaine éprise de liberté, développée dans le port du Pirée, et atteignant son âge d’or dans les années 1942-1952. Née Sarah Skinázi dans une famille juive pauvre de Constantinople, futur Istanbul, Róza Eskenázi est découverte à la fin des années 1920 à Athènes par le compositeur et producteur Panagiotis Toundas.

Dans l’ambiance si particulière du Cabaret Sauvage, velours rouge, bois et miroirs, le bouzouki de Pavlos Pafranidis, le violon de Kyriakos Gouventas, la guitare de Dimitris Mistakidis, la contrebasse de Dimitris Baslam se mélangent, au gré des mélodies, avec le oud de Mumin Sesler et les percussions de Huseyin Karabulut.

Ces musiciens grecs et turcs accompagnent dans un groove étonnant trois chanteuses qui se partagent le répertoire de Róza Eskenázi : trois langues, trois cultures, sépharade, turque et grecque.

Savina Yannatou, entre tradition et modernité interprète, elle, les chants en ladino, et Mehtap Demir, instrumentiste traditionnelle, les chansons turques de la tradition du smyrnéiko. La partie grecque est dévolue à Yota Nega, reconnue en Grèce comme l’une des voix actuelles du rebétiko. Un voyage entre passé et présent où artistes habités et public envouté ont rendu un culte émouvant à Róza Eskenázi.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2012-12-03

La bande annonce de "My Sweet Canary", documentaire musical sur Róza Eskenázi

Mehtap Demir à Thessalonique en 2010 interprète "Rambi", une chanson enregistrée par Róza Eskenázi à Istanbul en 1954.

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