Les Nuits Atypiques de Langon version 2013

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Les Nuits Atypiques de Langon version 2013

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Photos Patrice Dalmagne et Jocelyne Gallais

La diversité culturelle et linguistique est l’essence même des Nuits Atypiques de Langon, festival altermondialiste et éco-citoyen qui s’est déroulé du 25 au 27 juillet 2013. Malgré une 22e édition « atypique » bousculée par les intempéries, la programmation riche et variée au carrefour des musiques du monde a permis toutefois aux festivaliers de découvrir des artistes dans une ambiance chaleureuse et compréhensive.

A l’ombre des arbres du Parc des Vergers, non loin de la Garonne, les artistes se sont produit tour à tour sur la Scène du Village ou sur la grande Scène de la Mosquée, adossée à un minaret du 19ème siècle, coloré de rose et bleu, rappelant des couleurs de sucre d ‘orge.

Au cours de cette édition mouvementée, les organisateurs ont jonglé avec la programmation, l’adaptant au fil de la météo et des retards des musiciens. Le concert de Gnawa Diffusion, dont c’était le grand retour, a été écourté et la soirée du vendredi 26 juillet annulée, à la grande déception des cent-cinquante bénévoles et des festivaliers.

En fil rouge de cette édition : l’invitation à la danse, les voix de femmes, les musiciens gitans et d’ailleurs.

Pour la danse, la  jovialité du colombien Antonio Rivas, maître de l’accordéon, a entraîné les couples de danseurs dans des cumbias et merengue étourdissants. Bienvenue, la salsa-muffin, musiques des Caraïbes métissées de rock de Sergent Garcia, festive et au groove puissant, a réussi à faire oublier quelques gouttes de pluie.

Du Sud à l’Ouest, les festivaliers ont pu découvrir deux voix féminines venu d’horizons différents. A travers ses chansons d’amour de femmes abandonnées, Agnès Jaoui a rendu un hommage sensible à la Méditerranée. Resplendissante, elle était entourée de talentueux musiciens d’Amérique latine rencontrés au fil de ses voyages, dont l’argentin Fernando Fiszbein, arrangeur de la musique du film Au bout du conte. La prestance, les chansons engagées et la liberté de ton de Nolwenn Korbell, accompagnée par Soïg Sibéril, guitariste emblématique de la scène bretonne, ont révélé la Bretagne en terre occitane.

Coté musique gypsy, le Quintet d’Angelo Debarre et son swing manouche ont rendu un vibrant hommage à Django Reinhardt. La technique époustouflante du virtuose de la guitare, la complicité des musiciens, les interprétations du violoniste Marius Apostol ont subjugué le public.  Indiscrétion et Le swing de Samois, compositions magiques au cymbalum de Constantin Lacatus, ont été chaudement applaudis.

La pizzica des italiens des Pouilles de Mascarimiri, mélange de musiques salentines, de dub, de ragga et d’influences balkaniques, a décoiffé et insufflé une ambiance festive et garantie déjantée. Quand tamburello, mandoline, basse, voix puissantes sont métissés d’effets électroniques savamment dosés…

C’est lors d’un concert impromptu à l’Estanquet, ancien chai à vin transformé en lieu culturel pour des concerts intimistes, que la virtuosité des roms bulgares, l’accordéoniste Vasko et le clarinettiste Nayden, oncle et neveu, soutenus par leur percussionniste, a ébloui le public. Originaire du sud de Sofia, Nayden Kostov a raccourci sa clarinette et l’utilise comme une zurma d’Anatolie, jouant des sonorités ottomanes envoûtantes.

Au carrefour des musiques du monde et dans l’intimité de l’Estanquet, Ravi Prasad métisse la tradition indienne de musiques électroniques et de flamenco. Dans cet univers contemporain, sa voix a enchanté un public attentif, étonné par ses interprétations au bulbul tarang – en hindi, « le chant du rossignol » – ou benju, une cithare indienne adorée des enfants, fabriquée avec des touches de machine à écrire. En toute simplicité, Soïg Siberil et sa guitare celtique ont charmé l’auditoire occitan, qui regrettera toutefois la trop courte prestation des Argentines Las Hermanas Caronni.

Le plus des Nuits Atypiques de Langon : un programme bilingue, des Paroles d’Artistes, débats et cinéma militant. Le documentaire Lenga d’Amor de Patric La Vau, est une ode sensible à la langue occitane. Tous ces éléments ont forgé avec force l’identité de ce festival, enraciné en territoire rural et devenu au fil des éditions, un rendez-vous incontournable dans le grand sud-ouest.

Par Jocelyne Gallais | akhaba.com

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