La rumba des Villes des musiques du monde

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La rumba des Villes des musiques du monde

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Photos Patrice Dalmagne

Rumba : n. f. Danse d’origine cubaine, proche de la samba (!). Définition du Petit Robert 2008, point d’exclamation de l’auteur de ces lignes… On peut également la confondre avec la rumba zaïroise, la rumba catalane ou même la rumba de salon cubaine des années 1930, comme l’a justement fait remarquer Jean-Luc Marty.

L’ancien rédacteur en chef du magazine Géo a une carte blanche dans le cadre du festival des Villes des musiques du monde de la Seine-Saint-Denis pour présenter ses coups de cœur en matière de rumba cubaine, telle celle du groupe Rumberos de Cuba, démontrée avec faste le mercredi 24 octobre à Montreuil (31 octobre, au Cap d’Aulnay-sous-Bois). C’est bien la rumba de Cuba, celle des solares (maisons communautaires), des callejones (culs-de-sac ou passages) et des docks qui eut droit de cité.

Depuis ses débuts en 2002, la formation havanaise a connu les inévitables changements dus à l’âge avancé de certaines de ses figures. Aux trois “Aspirinas” (surnom collectif donné aux membres d’une famille de rumberos de Guanabacoa) a succédé une nouvelle génération de percussionnistes emmenée par le jeune Lucumí.

Quant aux Lázaro Rizo, Maximino Duquesne et Ernesto Gatell (El Gato), ils ont répondu présents. A eux trois, ils ont participé à toutes les aventures folkloriques afro-cubaines depuis le groupe d’Alberto Zayas des années 1950 jusqu’à l’hommage de Puntilla à Tío Tom, en passant par le premier album de la troupe Clave y Guaguancó ou le fameux Rapsodia rumbera.

Leur producteur Rodolfo Chacón est aussi l’initiateur et le directeur artistique des Rumberos. Fidèle à sa ligne de travail, il nous rappelle qu’elle est fondée sur la tradition ; elle aborde fondamentalement les trois principales variantes de la rumba – guaguancó, columbia et yambú – et ignore le moderne guarapachangueo, une forme plus libre apparue récemment. En fin de concert, un jeu de tambours batás emblématiques de la santéría fera toutefois son apparition en combinaison avec les tumbadoras.

Bref, toutes les conditions étaient réunies pour une bonne fête rumbera placée sous le double signe de la qualité et de l’authenticité. Une convivialité qui devait, comme il se doit, commencer par l’hommage aux rumberos disparus. C’est un Gato sûr de son art qui allait nous démontrer qu’il est inutile de faire appel aux effets faciles, aux artifices de spectacle, à la pacotille, pour faire vibrer le public.

L’alternance entre chanteuses (dont la Japonaise Yoko !) et chanteurs du groupe en fait également sa force. L’opposition des styles, des timbres de voix, dynamise le show tout comme la participation d’un couple de danseurs. Une incursion dans la culture abakuá et un clin d’œil au monde du son avec une version de Convergencia ont fini de combler les amateurs comme les néophytes.

Par Didier Ferrand | akhaba.com| 2012-10-30

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