Au Fil des Voix fête dignement ses dix ans

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Au Fil des Voix fête dignement ses dix ans

Pour sa dixième édition, le festival Au Fil des Voix s’affirme comme le rendez-vous parisien des espoirs des musiques du monde produites en France. Jeunes voix des Tropiques, combos collaboratifs, instrumentistes jazz : cette année encore, l’Alhambra et le studio de l’Ermitage accueillent le temps d’un concert les derniers poulains de nos labels nationaux. Avec leur marque de fabrique « interculturelle », Accords Croisés, Buda Musique et No Format répondent une fois encore présent à ce rituel de promotion.

« Depuis dix ans, le festival crée le lien entre les grandes voix du monde et les jeunes talents, favorisant la créativité et la rencontre des altérités culturelles » constate Saïd Assadi, son directeur. Avec 12 dates et pas moins de 21 concerts, cette édition 2017 d’Au Fil des Voix fête ses dix ans par une programmation fournie, au point d’offrir de belles nuits véritablement thématiques, qu’elles soient jazz, italienne, atlantique ou orientale.

Anniversaire festif au demeurant. Manu Dibango (Cameroun), Girma Bèyènè (Ethiopie) et Mamani Keita (Mali) se partagent cette année une tête d’affiche chargée. Les concerts des deux premiers ayant irradié la première semaine du festival, l’album-évènement du crooner éthiopien (Mistakes on Purpose - Ethiopiques 30, Buda Musique, 2017) est en passe de se transformer en come-back bien huilé. Avec Azarine Trio & Makan A. et le Babak Quartet, la soirée du 17 janvier zyeutait vers la scène underground actuelle d’Iran – du moins celle de sa diaspora –. Ambiance « bagad oriental », parfois « festnoz » le surlendemain, alors que la nostalgie de Basel Zayed (Palestine) imprégnait le folklore breton du Hamon Martin Quintet.

Tons chauds de mise du 30 au 31 janvier, avec des ambiances à décongeler les trottoirs parisiens. A commencer par Mamani Keita qui opère le 30 une jonction pentatonique attendue entre l’éthio-jazz parisien d’Arat Kilo et son Mali natal. En seconde partie, Aurelio (Honduras) hisse le pavillon du parranda des Garifuna afro-caribéens : la météo annonce de l’insouciance et du rythme. Le 31 verra s’affronter les vocalises suaves de Vakia Stavrou (Chypre) et le flamenco bohême de Juan Carmona (Espagne), en un derby 100% méditerranéen. Une très belle soirée en perspective.

Pour clore le festival, la soirée du 1er février sera placée sous le signe du Moyen Orient et de sa tradition instrumentale. Qanun et violon enjôleurs au menu de Çiğdem Aslan (Turquie) pour un flashback rebétiko rétro à l’Alhambra, quelque part entre Smyrne et Balkans. S’en suivront la fougue et la zourna du Nishtiman Project (Kurdistan), toujours propices à enflammer le public, pour un final en apothéose.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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