Paris, capitale corse d’un jour

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Paris, capitale corse d’un jour

Samedi 31 mars, Paris est la capitale de la Corse, le temps d’une journée et d’une soirée de promotion du bizness et de la culture insulaires (et aussi de sa gastronomie, son artisanat et sa mode vestimentaire) aux Folies Bergère, la salle de spectacle mythique inaugurée en 1869 dans le IXe arrondissement parisien, qui a accueilli Maurice Chevalier, Jean Gabin, Joséphine Baker, Charlie Chaplin, Frank Sinatra, Edith Piaf, Fernandel ou Dalida. L’événement dénommé « La Corse en capitale à Paris » fait suite au succès rencontré par le Village corse à la Foire internationale de Marseille en septembre 2017.

L’Ile de Beauté numérique

Organisée par l’association Corsic’Azzione, la journée parisienne est présentée comme le 1er Salon interprofessionnel de la Corse à Paris, où sont mis en valeur le dynamisme entrepreneurial de l’île et son chant patrimonial avec le légendaire groupe Canta u Populu Corsu fondé en 1973. Il s’agit en fait d’en finir avec cette vision continentale de l’Ile de Beauté réduite à la seule – et vraie – splendeur exceptionnelle de ses paysages, à l’« exotisme » de son peuple, sous-entendu gouverné uniquement par le banditisme vindicatif et le nationalisme encagoulé.

Ce 1er Salon corse à Paris (de 10h30 à 17 heures) montre, dans l’espace des Folies Bergère, un territoire ouvert au monde avec 45 stands et partenaires issus de l’île, d’entreprises du Grand Paris, de villes qui la desservent (Bilbao, Bordeaux, Bruxelles, Cracovie, Londres, Nantes, Toulouse, Venise…). C’est aussi la démonstration d’une Corse bien impliquée dans l’évolution technologique, l’ère numérique avec la présence de start-up insulaires. Une exhibition qui présente le savoir-faire et le développement économiques de l’île tout en signifiant qu’ils sont enracinés dans une culture à la forte personnalité, sa polyphonie vocale notamment.

Canta u Populu Corsu : pionniers du renouveau du chant corse

C’est plus qu’un groupe, une « école » de chant traditionnel polyphonique par laquelle sont passées quelques générations de chanteurs, une cinquantaine de vocalistes en 45 ans d’existence. Il en reste aujourd’hui un seul en fonction, indéboulonnable, Cècè Buteau qui vient avec sept compères porter haut un chant identitaire qui a surgi en France en plein revival des cultures régionales survenant après la révolte de Mai 68, un demi-siècle cette année.

Canta u Populu Corsu – en VF : le peuple corse chante ou voici ce que chante le peuple corse – est un ensemble historiquement engagé dans le mouvement nationaliste, défendant la préservation de la langue et de la culture traditionnelle corses tout en accueillant d’autres patrimoines qu’ils soient ancestraux ou actuels.

Comme l’exprime Patrizia Gattaceca qui figure dans la même soirée, fondatrice avec Patrizia Poli au début des années 1990, des Nouvelles Polyphonies Corses, une sensation avec un album éponyme en 1991, qui a réuni, entre autres, le touche à tout Hector Zazou, le parrain de la musique moderne africaine et saxophoniste camerounais Manu Dibango, le clarinettiste bulgare Ivo Papasov, le Gallois multi-instrumentiste John Cale, le pianiste japonais Ryuichi Sakamoto. Un véritable miracle à l’époque qui veut dire que la musique corse n’est pas insulaire et participe pleinement au concert du monde.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

Chanson-hommage de Canta u Populu Corsu à Lounès Matoub, star de la musique kabyle, assassiné le 25 juin 1998 sur la route de son village, en pleine guerre entre les islamistes armés du GIA et le pouvoir des généraux.

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