Les 7es Arabesques de Montpellier

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Les 7es Arabesques de Montpellier

Sous-titré Rencontres des arts du monde arabe, le festival montpelliérain Arabesques commence le vendredi 25 mai sa septième édition par une rencontre de haute volée. Une première en France, une soirée nommée Les Trois magnifiques où dialoguent l’Irakien Naseer Shamma au oud, l’Espagnol Niño Josele à la guitare et le Pakistanais Ashraf Sharif Khan au sitar.

Le trio est accompagné par un autre Pakistanais Hussain Shahbaz aux tablas. Considéré actuellement comme le plus grand luthiste du monde arabe pour sa technique virtuose et ses audaces stylistiques, Shamma pousse les limites du maqam par ses taqsims inspirés, ses improvisations étourdissantes.

Il fait chanter et même parler son oud. Niño Josele, lui, est la figure montante de la scène flamenca, réputé pour son jeu exigeant et ouvert de la guitare, instrument d’une longue tradition familiale qu’il conjugue aussi au jazz. Ashraf Sharif Khan a lui aussi appris sa cithare dès l’enfance pour devenir prodige dès ses dix ans. Ses compositions allient technique fascinante et liberté jubilatoire.

Le même soir, la Belgo-Tunisienne Ghalia Benali investit de sa voix grave et ample le répertoire du mythe de la chanson arabe, Oum Kalsoum. Danseuse, comédienne et graphiste aussi, Ghalia rend un bel hommage à l’Astre de l’Orient en évitant le mimétisme, qui serait impossible donc ridicule, mais en donnant un cachet personnel et gracieux aux poèmes interprétés par la diva. Son chant est soutenu par un trio de luth, contrebasse, tar.

Entre le guitariste égyptien Ali Khattab (samedi 26), évoluant voluptueusement entre noubas arabo-andalouses, musique du Machreq et flamenco, et le rock fusion fougueux des Toulousains de Zebda (dimanche 27), on retient deux concerts qui valent le détour. Barbès Café (samedi), une création de Méziane Azaïche qui revient sur l’histoire de la musique algérienne en France.

Un hommage aux voix légendaires de l’immigration algérienne des années 1930 à la décennie 1960. Une saudade émouvante qui célèbre avec la chanteuse Samira Brahmia, le chef d’orchestre Djemaï, des figures de la chanson kabyle, du chaâbi, comme les regrettés Cheikh El Hasnaoui, Slimane Azem, H’nifa, Dahmane El Harrachi, Missoum. Dimanche 27 est une occasion d’écouter l’un  des derniers grands maîtres du chaâbi.

Depuis son tour premier enregistrement sortie en 1967, Abdelkader Chaou magnifie le blues d’Alger avec son timbre chaleureux, une diction impeccable qu’il soutient lui-même par son mandole cristallin.

Les Arabesques sont également imprégénées de spiritualité avec les Aïssawa de Meknès qui déambulent chaque jour pour porter le message soufi du fondateur de leur ordre, Sidi Mohamed Ben Aïssa (mort vers 1526), à coup de bendirs percutants et trompes nifars stridents semant le vertige dans les rues montpelliéraines.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-05-25

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