Fela fêté à Paris

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Fela fêté à Paris

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Photo : Bernard Matussière

L’empêcheur de corrompre et de persécuter en rond du régime nigérian est mort il y a treize ans, le 2 août 1997, emporté par le sida à 59 ans. Ce samedi 22, la Bellevilloise parisienne lui rend un vibrant hommage ou plutôt vibrionnant vu l’agitation chorégraphique que nous promettent l’Algérois de Paris, DJ Ness, et quelques anciens compagnons de route de l’inventeur de l’afrobeat réunis pour l'occasion. A commencer par le complice des débuts, de l’époque du groupe Africa 70, le batteur Tony Allen, encensé ces derniers temps par une jeunesse occidentale qui découvre le groove ensorcelant de l’afrobeat, alliage électro-acoustique de juju music nigériane, highlife ghanéo-nigérian, jazz, rhythm’n’blues, funk et tradition yoruba. Une musique qu’amène pour la première en France Fela Anikulapo Kuti quand il joue en 1978, dans presque l’anonymat, à la Chapelle des Lombards, club qui, comme son nom ne l’indique pas, est toujours rue de Lappe, l’artère historique du bal musette, du côté de Bastille.

Le clavier magique Dele Sosimi, lui, a rejoint en 1979 Egypt 80, la seconde équipe du maître, dont il prend les rênes en 1984 avec son ancien camarade d’école, Femi Kuti, le deuxième fils du « Black President », quand celui-ci est jeté en prison par le pouvoir nigérian. D’ailleurs, Dele a arrangé plusieurs succès (Parambulator, Give Me Shit, Authority Stealing, Army Arrangement, Government Chicken Boy, Teacher Dont Teach Me Nonsense..). de Fela qu’il quittera en 1986 avec Femi pour former la fameuse Positive Force, toujours en pleine activité.

Le Congolais Kiala Nzavotunga vit à Lagos quand il est remarqué pour sa dextérité à la guitare électrique par Fela qui l’embauche au sein d’Egypt 80 où le Kinois introduit quelques touches de rumba congolaise et de soukouss, notamment à l’occasion de l’enregistrement de l’album Original Suffer Head. Kiala n’a pas joué pour rien à Kinshasa au sein de l'Africa Jazz de Joseph Kabassele (1930-1983), considéré comme le père du modernisme musical congolais. Encouragé par le manager de Fela, Pascal Imbert, Kiala forme son propre groupe en 1983, Ghetto Blaster, groupe qui a enchanté les nuits alternatives parisiennes avant sa dislocation  en 1988, et créé avec notamment deux musiciens du souverain afrobeat, Nicholas Avom et Udoh Essiet, as de la conga et autres percussions traditionnelles, lui aussi animateur puissant de ce Fela Day. Désormais appelé Chief Udoh, fils d’un pasteur apostolique du Sud-Est nigérian, Essiet passe trois ans de compagnonnage avec Egypt 80 où il bluffe le public avec ses solos de congas ébouriffants. Quand Udoh quitte en 1983 Egypt 80, Fela, ne lui trouvant pas de digne remplaçant, jouera lui-même ces fameux solos.

Au Nigeria, Oghene Kologbo est devenu une légende de la guitare. Fils d’un musicien de highlife réputé, le prodige Kologbo intègre adolescent Africa 70. Son jeu dément et délié à la fois a fait les beaux jours de cette formation historique de Fela dont il se sépare, à Berlin, en 1978 avec Tony Allen et quelques autres. Il jouera et enregistrera avec l’autre star du Nigeria, King Suny Ade, le roi de la juju music, le beat le plus populaire dans le pays. Oghene est connu aussi pour avoir été une sorte de magnéto vivant de Fela quand celui-ci lui dictait ses improvisations tard la nuit et que le jeune homme devait s’en rappeler le lendemain pour les faire connaître au reste du groupe. Bref, Oghene Kologbo est la mémoire vive de l’afrobeat.

Par Hadi Omar | akhaba.com

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