Afrobeat et gnawa au 21e festival de Thau

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Afrobeat et gnawa au 21e festival de Thau

L’Afrique est le fil rouge de la 21e édition du festival de Thau, au cœur d’une saison à haute fréquentation touristique dans le Languedoc-Roussillon, où la « métropole » de l’étang lacustre, Mèze, 7 500 habitants, décuple sa population à l’occasion. Parmi la dizaine de concerts programmés ce week-end de juillet près du port de cette ancienne cité phénicienne, dont les grosses pointures Ben L’Oncle Soul (vendredi 22) et Tiken Jah Fakoly (samedi 23), retenons le passage unique dans la région de Tinariwen (dimanche 24), troupe malienne fondatrice du modernisme de la musique touarègue en mêlant dans leur combat identitaire guitare électrique, tradition du tindé et de l’imzad. Mais l’inédit autour du fameux étang salé (huîtres, moules…) reste la rencontre de Fanga, groupe de Montpellier, avec Abdallah Guinéa d’Essaouira (samedi 23). Ou, si l’on préfère, le croisement détonnant de l’afrobeat français et de la transe gnawi marocaine, projet dénommé tout simplement Fangnawa Experience, petit clin d’œil aux anciens qui se souviennent du groupe Jimi Hendrix Experience et du séjour enfumé de son leader allumé l'été 1969 à Essaouira, ancien marché aux esclaves africains, capital du groove gnawi dont Abdallah est l’un des maâlems, maîtres, dépositaire important de ce mysticisme négro-maghrébin. Le guembri gras et le chant grave, Abdallah est issu d’une dynastie gnawi réputée avec son père Boubker et surtout son frère aîné, l’écrasant Mahmoud Guinéa, le roi d’Essaouira, régulièrement sollicité pour des fusions jazz, rock, pop, reggae, mais pas afrobeat. Son cadet Abdallah et Fanga, par la voix puissante de son chanteur burkinabé, Korbo, trouvent des racines mandingues communes à leurs musiques.
A ne pas rater (dimanche 24), une sorte d’after, voire de l’après after, de l’émission L’Afrique enchantée que produisent et animent tous les dimanches à 17h Soro Solo, un ancien de la radio nationale ivoirienne, et Vladimir Cagnolari sur France Inter. Comme si les deux compères sortent sur les planches leur émission des murs confinés de la Maison ronde Radio France pour inventer un bal furieux, érudit, avec un orchestre d'où émerge le chant brûlant du jeune Ivoirien Mohamed Diaby. Des musiciens ravisseurs de tout ce que l’Afrique compte comme musiques modernes, de tous leurs grands tubes, afrobeat, highlife, rumba, zoughlou, m’balax, funaná, assiko.... Ils ne s’appellent par pour rien les Mercenaires de l’Ambiance. Souvent des invités-surprise viennent leur donner le coup de main dans leur ravissement.

Par B. D. | akhaba com