Les enfants du folk

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Les enfants du folk

Ils sont plus de soixante artistes samedi 18 mai pour un véritable marathon de concerts répartis sur deux scènes à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne), dans le superbe cadre de l’Ecomusée de la Ferme du Coulevrain. Pour la quatrième fois, la journée (et la nuit) du festival Les Enfants du folk rassemble des groupes reconnus en la matière et constitue aussi un tremplin pour jeunes talents à découvrir.

Les musiciens sont d’ici et d’ailleurs à l’exemple des Canadiens de Genticorum, formation emblématique de la tradition québécoise, telle la turlutte, mais qui interprète aussi des reels irlandais énergiques. Le groupe vient en France exclusivement pour le festival précédé par une sacrée réputation : on dit qu’ils jouent et chantent comme s’ils étaient trente, alors qu’ils ne sont que trois !

Entre chansons endiablées et textes loufoques, le trio québécois sait aussi déclamer des vers plus intimistes, enrichissant le duo traditionnel violon-guitare d’une flûte traversière (en bois). C’est ainsi qu’Alexandre de Grosbois délaisse parfois son violon ou sa basse sans frette pour souffler des airs tendres alors que le guitariste Yann Falquet troque sa guitare pour faire résonner une guimbarde.

Pascal Gemme, lui, couple son violon avec des frappes du pied bien assénées pour donner la mesure aux danseurs. On dit que Genticorum est le secret le mieux gardé du Québec ! Un mystère qu’ils ont partagé avec des publics des cinq continents, du Danemark à l’Australie en passant par le Mexique, l'Egypte ou la Malaisie.

Chanteur et guitariste du Cameroun, Simon Nwambeben lui aussi a parcouru le monde, accompagnant les Nantais imaginatifs de la Compagnie Royal de Luxe avant de se fixer en France où il fonde son groupe, le Folk Bitibak Quartet, pour composer de douces mélodies tout en apprivoisant au blues lymphatique du Delta quelques rythmes bantous majeurs, et plus généralement camerounaises, bikutsi, makossa, assiko aux pas de danse déments.

Autres cadences infernales, scottish, polkas piquées, mazurkas, valses, bourrées font le répertoire de Trio DCA. Anne-Lise Foy (chant, vielle à roue), Hervé Capel (accordéon) et Dominique Paris (cabrette) donne une nouvelle actualité aux danses d’Auvergne, croisant vigueur et douceur pour le plus grand plaisir des fous du parquet.

Autre brûleur de planches, le Naragonia Quartet, fondé par Toon Van Mierlo et Pascal Rubens, épaulés par Wouter Vandenabeele et Maarten Decombel, est un ensemble célèbre de la scène folk belge. Ses valse, scottish, jig ou andro tournées avec une précision exceptionnelle et des compositions créatives font sa grande popularité.

A deux seulement, le violoniste Thomas Felder (né en 1988) et l’accordéoniste Stevan Vincendeau (né en 1990) forment une redoutable machine à danser bretonne, animant un bal vannetais-gallo de ridées, contre-ronds, laridés, polkas, hanters. Le Duo Vincendeau-Felder est une impressionnante révélation de la scène néo-traditionnelle. Une affaire à suivre.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-05-18

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