NoBorder, néo-festival à Brest

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NoBorder, néo-festival à Brest

Cela s’appelle NoBorder, sans frontière, un nouveau festival où les concerts sont accompagnés par un véritable colloque. Une dizaine de conférences et tables-rondes à Brest pour savoir ce que veut dire la musique modale dès cette première édition d’un événement qui sera biennal et consacré aux rythmes traditionnels. Musique modale ? C’est l’osni, objet sonore non identifié, ces sons « sauvages » qui apparaissent entre les notes de la gamme de la musique classique occidentale et de tous les genres qui en dérivent. Et pourtant, ces sons « mystérieux », ces demi-tons, quarts de ton, sont aussi des notes et que l’on trouve essentiellement dans les musiques traditionnelles qu’elles soient populaires ou savantes, d’Occident ou d’Orient, du Nord ou du Sud, profanes ou sacrées. Le colloque essaye de répondre aux questions que posent ces notes jugées « fausses », mais qui font le sel des musiques du monde, à Brest même, comme on dit dans le Finistère.

A l’initiative du chanteur et pédagogue Erik Marchand, président de l’association Drom, de Matthieu Banvillet, directeur de la scène nationale le Quartz et de Bertrand Dupont président de Bretagne(s) World Sounds, regroupement de producteurs de musiques du monde de la région, ce NoBorder01 invite musicologues, ethnomusicologues, musiciens d’origines diverses à définir cet enrichissement multiculturel qui fait appeler le colloque La Modalité un pont entre Orient et Occident, pour le côté théorie.

Les travaux pratiques, c’est chaque soir au moins cinq concerts qui privilégient les retrouvailles à l’exemple de la rencontre prometteuse de Kreiz Breizh Akademi 3 (KBA 3) et du Franco-Libanais Ibrahim Maalouf (jeudi 17). Succédant aux collectifs Norkst et Izhpenn, la KBA 3 est une formation de jeunes artistes (clarinette, sax, accordéon, harpe, chant…) regroupés en 2010 par Erik Marchand qui remodèlent (re-modale) les instruments occidentaux, à l’exemple d’une guitare et d’une basse sans frètes, pour créer des compositions aux consonances orientales ou africaines. Ils sont rejoints par Maalouf, qui a travaillé avec eux, et son quintette. Surdoué de la trompette, lauréat de divers prix internationaux, Ibrahim est un touche-à-touche adroit, ou plutôt, il souffle de tout, du jazz à la pop, de la musique classique au rock, de la musique mandingue au maqam originel.

Le vendredi 18 est une rencontre entre le pays basque et le breton à travers le chanteur Beñat Achiary et le sonneur expérimentateur de cornemuse Erwan Keravec (vendredi 18) qui se retrouvent cette fois pour un duo onirique, Ametsa, rêve, en basque. D’abord régional, le groupe breton Badume’s Bande (samedi) est en train de se construire une réputation nationale et internationale avec son sens éprouvé de la musique éthiopienne dont il a accompagné dignement les deux plus grandes stars Mahmoud Ahmed et Alémayéhu Eshèté. Ces sept fondus d’éthio-jazz (saxo, claviers, guitare, basse, batterie) soutiennent le chant subtile de Selamnesh Zéméné, héritière des griots azmaris réputés pour leurs improvisations à double sens.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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