Les Touaregs passent les frontières

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Les Touaregs passent les frontières

Lancé le jour de la Fête de la musique et finissant le 31 juillet, le festival Sin Fronteras du Cabaret Sauvage, haut lieu parisien des musiques du monde et assimilées du côté du parc de La Villette, propose dimanche 24 juillet une belle affiche de rythmes touaregs, tamasheqs (ou tamasheks) ou plus simplement berbères du Sahel.

Dirigé par le Kabyle Méziane Azaïche, Berbère du nord de l’Afrique du Nord, le Cabaret ouvre ses portes à des cousins du Sahara tels les vétérans de la lutte tamasheq au Mali remontant aux années 1980, ceux de Terakaft (la caravane).

Un nomadisme musical fondé en 2001 par le chanteur guitariste Kedhou ag Ossad, dit “Khiwaj” (le colosse), et le guitariste Diara, alias Liya ag Ablil, des anciens (dissidents ?) de Tinariwen, le plus grand groupe touareg du monde, pour jouer un blues rock des sables hypnotique. Les guitares de Terakaft, tour à tour lancinantes et tournoyantes, entretiennent un groove doucement vertigineux.

Les chants parlent d’identité bafouée, de résistance irréductible et des ishumar, les « chômeurs », ces familles chassées par les sécheresses successives depuis celle, terrible, de 1984-1985, espérant des emplois dans les villes où leurs jeunes tentent de survivre de tout, parfois, et de rien, souvent.

Des thèmes qui sont aussi au cœur des textes de Tamikrest, groupe de la nouvelle génération tamasheq, formé en 2006 par des artistes du Mali, Niger, Algérie (les Touaregs sont aussi des minorités au Burkina Faso, en Libye) autour du chanteur compositeur Ousmane Ag Mossa, qui a vécu enfant la guerre de 1990 menée par le pouvoir nigérien contre les Tamasheqs.

Ouvert sur les sons du monde, formation sans frontières, comme le festival, Tamikrest (l’alliance, le lien) joue une musique touarègue plus sensible au reggae, à une pop aux guitares sinueuses. Rocker et reggaeman du Sahara aussi, Abdallah ag Oumbadougou est encore plus engagé dans la lutte des siens au Niger où les richesses de l’uranium extrait des terres touarègues sont partagées entre le pouvoir nigérien et la compagnie française Areva, sans contrepartie pour les habitants ancestraux.

Son combat, qui lui a valu quelques séjours en prison, des exils et des expulsions, est aussi un chant de mélopées captivantes qui donne une bonne part aux instruments traditionnels comme le tindé.

Par Hadi Omar | akhaba.com | 2011-07-15

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