Le label Innacor au Studio de l'Ermitage

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Le label Innacor au Studio de l'Ermitage

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Photo Eric Legret

A l'occasion de la sortie du nouvel album du World Kora Trio, Un poisson dans le désert, le label Innacor présente trois de ses formations sur la scène du Studio de l'Ermitage à Paris (10-12 mars), en double plateau avec le groupe de fusion malio-américain. En quelque sorte, un mini festival NoBorder avant l’heure. La sélection cultive l’esprit décalé du label, à contre-pied des étiquettes de genre. Loin d'enfermer la musique bigoudène dans l'impasse de sa folklorisation, Innacor porte en album ses hybridations visionnaires. Avec l'identité breizh pour visa, pas pour passeport.

Le soir du 10 mars, la chanson française réaliste est à l'honneur, avec la participation du duo Violaine Schwartz (chant) et Hélène Labarrière (contrebasse). Derrière ses textes écorchés, on guette la belle énergie de  l'actrice-romancière pour défendre son album au titre évocateur, J'ai le cafard.

Le 11 mars, ce sera le tour de Valentin Clastrier, pionnier de la vielle à roue électroacoustique. Un set sous-titré « la vielle à roue dans tous ses états », où l’instrumentiste révolutionnaire vient se ranger contre toute attente dans la catégorie des « guitar heroes » iconoclastes. A l'âge de la guitare préparée, ce musicien imaginatif ne lâche rien moins que la vielle à roue dans les couloirs du jazz et de l'avant-garde. Une approche décalée où nuances acoustiques et tapping bousculent un instrument souvent associé à une image passéiste et franchouillarde. Ce travail a été possible avec le concours technique du fameux luthier autrichien Wolfgang Weichselbaumer.

Enfin le 12 mars, le double plateau accueillera un étonnant projet irano-breton, mis au point en 2014 sous la houlette du percussionniste Keyvan Chemirani. Le projet Avaz reprend la formule éprouvée par les projets antérieurs d’Erik Marchand avec le Taraf roumain de Caransebes. Cette fois-ci vient le tour des artistes bretons et persans d'enchevêtrer leurs horizons respectifs, à la faveur de proximités modales bien trouvées. Ainsi les chanteuses Annie Ebrel et Maryam Chemirani s'essaient au mariage ambitieux des complaintes bretonnes gwerz avec les airs persans de facture classique.

Pour ce Avaz, l’adaptation des poèmes de Saadi et Rumi n’a pas été sans prendre quelques libertés avec le chant sonnati. L’illusion est complète lorsque, lancés à la poursuite du bansuri guilleret de Sylvain Barou, les musiciens iraniens Keyvan Chemirani (tombak, santour) et Hamid Khabbazi (târ) jouent les caméléons astucieux, d'un genre à l'autre, surfant sur des ambiances aux couleurs indiennes.

Composition. Exploration. Modernité. Que de routes encore inexplorées pour la musique bretonne. A l'écoute du monde, peu de folklores sont allés si loin dans l’exploration de leur inter connectivité avec les autres musiques. La sincérité de la démarche d’Innacor se retrouve dans le naturel obtenu.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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