Quatrième saison d’Au fil des voix, 2e partie

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Quatrième saison d’Au fil des voix, 2e partie

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Las Hermanas Caronni © Franck Perrogon

La quatrième édition d’Au fil des voix entame sa deuxième partie jeudi 9 février (jusqu’au samedi 11) avec le chant puissant et enraciné de Dorsaf Hamdani. La chanteuse tunisienne vient donner un temps fort au festival parisien avec son premier album solo en France, Princesses du chant arabe, qui reprend quelques succès des mythiques Oum Kalsoum, Asmahan et Fairouz que Dorsaf chante depuis son plus jeune âge. Elle attendra plusieurs années avant d’enregistrer cet hommage nostalgique avec qanun, violoncelle, ney, derbouka, riqq. Sa voix y brille, remarquable, énergique et tendre à la fois, et que Dorsaf a confronté à d’autres chants impérieux comme celui de l’Iranien Alireza Ghorbani sur leur disque Ivresses-Le Sacre de Khayyâm.

Nouvelle figure du malouf, dénomination de l’art savant arabo-andalou en Tunisie, Libye et Est algérien, Dorsaf s’est aussi formée au chant plus populaire de son illustre compatriote Oulaya, disparue en 1990, et à celui du Caire où elle s’est exprimée devant un public réputé exigeant en matière de musique arabe. Le prodige tunisois précède sur la scène de l’Alhambra un groove puissant, unissant l’Afrique noire et blanche. La cadence gnawa que chante avec son guembri Aziz  Sahmaoui qui n’a pas grandi pour rien à Marrakech, second bastion de cette transe thérapeutique négro-arabo-berbère après Essaouira. Aziz sème aussi dans ce patrimoine ancestral du jazz, du chaâbi marocain et autre fusion internationaliste.

La nuit du vendredi 10 permet de (re)découvrir Las Hermanas Caronni, des jumelles d'Argentine, nées donc sous le signe du tango. Une saudade qu’elles pétrissent avec les fortes racines familiales italienne, espagnole, russe et suisse, argentines finalement. Entre violoncelle et clarinette, Laura et Gianna chantent aussi les ascendants de la musique porteña, celles du bal milonga, la chacacera ou la musique classique. Elle sont suivie sur scène par une compatriote à retrouver sous son seul nom, Débora Russ qui, partie du tango classique à celui contemporain inventé par Piazzolla, s’est patiemment frayé sa propre voie et a forgé sa voix, sensuelle, grave, pour un répertoire argentin de ballades plaintives, de contretemps incisifs. La fille de Cordoba, seconde ville d’Argentine, présente son premier album solo, Tango pendientes, une musique de bandonéon, guitare, contrebasse et qui déclame des poésies peu connues ou immortalisées par la bande-son des trottoirs de Buenos-Aires et qui ont depuis longtemps quitté les quais du Rio de la Plata pour embraser d’autres rivages.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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