Le joyau du sankirtana à Paris

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Le joyau du sankirtana à Paris

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Photos François Guénet

La 16e édition du festival de l’Imaginaire imaginé par la Maison des Cultures du monde de Paris se délocalise le week-end du 8 au 10 juin au quai Branly pour y présenter un trésor culturel méconnu, puisque venant d’un territoire tout aussi peu connu, appelé en VF « le pays des joyaux », quand il s’agit de biens immatériels précieux.

Le Manipur est un Etat d’Inde oublié, secret, au nord-est du subcontinent, entre Bengladesh et Birmanie, dite actuellement Myanmar, au pied de l’Himalaya. Et ce n’est guère étonnant que le chant, la musique de la troupe de sankirtana (c’est le nom du rite) nous semblent si proches des rituels musicaux tibétains, plus populaires de ce côté-ci de l’Oural.

Le collectif de sankirtana arrivant à Paris, c’est pratiquement combien de divisions ? Quatre musiciens (conques, cymbales, dholaks) et seize danseurs dont certains battent vigoureusement leurs tambours à double peaux entre deux pas chorégraphiques, d’autres les soutiennent avec des petites cymbales sonnant telles des clochettes.

Il y a aussi une voix épaisse, presque rouillée qui tranche singulièrement avec les timbres indiens que nous connaissons le plus ici, plus fins, plus tempérés. Le sankirtana (ou nata sankirtana), c’est l’extase mystique, la célébration de la huitième incarnation de Vishnou, Krishna, la divinité la plus vénérée du culte hindouiste à tous les moments de la vie, naissance, baptême, mariage et autres fêtes religieuses.

Le maître Sri Ningthoujam Shyamchano Singh lance (et clôt) de son chant grave, frissonnant, la cérémonie où un chœur répond à son hommage de Krishna, modulant les textes sacrant le dieu. La danse est emportée par Akoijam Ibomcha Singh et Takhellambam Nanaotomba, considérés comme les meilleurs tambourinaires du Manipur où ils sont bookés toute l’année pour animer un patrimoine remontant au XVIIe siècle.

Leurs caresses du tambour se muent progressivement en orage tellurique qui leur fait faire des bonds acrobatiques. Ils sont en extase. C’est une des rares fois à l’étranger ou le sankirtana se présente dans son intégralité.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-06-06

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