Guy Conquet à la conquête du ciel

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Guy Conquet à la conquête du ciel

Le mercredi 23 mai 2012, le gwoka, musique identitaire de la Guadeloupe, a perdu l’un de ses grands maîtres, Guy Conquet ou Konkèt, à seulement soixante-six ans. Auteur, compositeur et chanteur virtuose, Guy s’est éteint dans son île natale, à Jabrun, Baie-Mahault, chez sa mère Man Soso, quatre-vingt-quatorze ans, elle-même voix réputée du gwoka et descendante d’une lignée de chanteurs du genre lors des soirées lèwoz.

Caractère trempé, Guy Konkèt est aussi l’héritier spirituel des Carnot, Robert Loyson ou Vélo, figures fameuses d’une musique farouche et fortement africaine des Antilles françaises, chronique sociale, poésie satirique et discours subversif. Ainsi, Guy fut un temps censuré pour sa célèbre chanson Gwadloup malad’o, alors qu’il a fait sa renommée grâce au titre Natali’o et a aussi réalisé des succès comme Baimbridge cho ou Ban klé a Titine, Bumidom, Chimen a Bémao.

Konkèt a mêlé à la frappe brûlante des tambours ka des notes jazzy à coups de saxophone, piano et guitare dans ses compositions, chantant aussi le blues et la biguine, comparant-même sa musique au rap quand il disait : « On parle du rap. Mais ça fait longtemps que ce que je fais, c’est du rap, de la musique internationale ».

Caressant et brusque à la fois, Guy composait des textes et des airs avec une facilité exceptionnelle. Il croisait dans sa musique la mélancolie pudique et la révolte véhémente. Une voix ferme et inimitable, un style généreux et envoûtant qui magnifiait les sept rythmes magiques du gwoka, la geste des îles guadeloupéennes.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-06-04

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