La 13e édition du festival corse Porto Latino

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La 13e édition du festival corse Porto Latino

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A San Fiurenzu, Saint-Florent en français, au nord de la Haute-Corse, la vedette de Porto Latino, c’est son site, la citadelle au pied de sa fortaleza circulaire, forteresse à teinte rose sublimée chacun des 5 soirées du festival par des projos aux couleurs mouvantes. La beauté du paysage apportera incontestablement une touche de magie aux 10 concerts de l’événement corse, du 3 au 5 août. Bonga (vendredi 5) ne sera certainement pas insensible à la splendeur du golfe de Saint-Florent qui lui rappellera certainement celle de la baie de Luanda, la capitale angolaise où il a grandi en accompagnant à la dikanza son père, joueur d’accordéon et de rebita, la mélodie des pêcheurs qui ont mélangé traditions africaines, musiques de salon européennes et fado. Mais, lui, Bonga excelle dans un rythme plus noir, le semba qu’il magnifie de sa célèbre voix rocailleuse. Pionnier des musiques du monde, frondeur à fort tempérament, Bonga Kuenda sait faire pleurer et danser. A Saint-Florent, considéré comme le Saint-Tropez corse, il partage le même soir avec un combo pétillant, impressionnant, revivifiant la salsa new-yorkaise inventée dans les années 1960 par les migrants cubains, portoricains, dominicains. Mené par Oscar Hernández, ancien partenaire de Rubén Blades, le Spanish Harlem Orchestra renoue avec la salsa dura en donnant la primauté aux musiciens solistes, trombone, trompette, bongo. SOH, pour les aficionados, est une redoutable machine à danser, lauréate en février 2011 d’un nouveau Latin Grammy Award.
Dans le registre nostalgie et revival, la Marocaine de Paris, Sophia Charaï (jeudi 4) revisite aussi bien le chant langoureux et mélancolique d’Asmahan (1918-1944), légende du Caire, sœur glamour de Farid El Atrache (1915-1974), que la musique tsigane avec des incursions du côté du cabaret parisien, du jazz, avec parfois une pointe d’humour décalé. Elle précède sur scène d’autres re-visiteurs du soir, ceux du Gotan Project, rénovateurs electro et inventifs du tango. Mené par le guitariste argentin Eduardo Makaroff, le DJ français Philippe Cohen-Solal et le Suisse Christoph H. Müller, autre manipulateur de programmation électronique, le Gotan (verlan de tango) investit aussi une autre cadence majeure de la pampa, la milonga que le groupe fait partager avec jazz, cumbia, ska, voire de la country. Dans le même esprit de rénovation electro, le DJ germano-roumain Shantel (dimanche 7), nomade musical, mixe tout ce qui trouve aise à son oreille, mélodies balkaniques, rythmes maghrébins, thèmes africains ou brésiliens. Avec son puissant Bucovina Club Orkestar, Shantel (Stefan Hantel) déploie une énergie increvable et souvent incontrôlable. Un dynamisme qui anime aussi Muyayo Rif, groupe moins connu de ce côté-ci de la Méditerranée dont les croisements ska, reggae cumbia, merengue disent qu’il y a actuellement une néo-movida à Barcelone. Bref, à (re)découvrir.

Par Bouziane Daoudi| akhaba.com

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