Musiques métisses et euphoriques d’Angoulême

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Musiques métisses et euphoriques d’Angoulême

Débutant le 1er juin 2018, la 43e édition du festival Musiques Métisses, pionnier des musiques du monde, met l’accent ce week-end sur les rythmes qui exaltent les corps avec une vingtaine de groupes, des anciens et de nouveaux, unis par une envie folle de faire danser.

Musiques métisses et transmetteurs

Musiques Métisses d’Angoulême est le plus ancien festival de musiques du monde en France. Fondé par son ancien directeur Christian Mousset, ce dénicheur impénitent des rythmes du monde vivants, loin des folklores muséifiés, qui a fait connaître au grand public français et d’Occident tant de musiques, de multiples artistes devenus internationaux. Les nommer tous excéderait largement la longueur de cet article.

Musiques Métisses ouvre ce 1er juin, et jusqu’au 3 juin, sa 43e saison. Une longévité qui veut dire que ceux qui étaient enfants accompagnant leurs parents aux premières années du festival sont aujourd’hui pleinement adultes et y reviennent, fidèles, avec leurs propres progénitures pour écouter une vingtaine de groupes, des anciens et de nouvelles têtes à découvrir. Festival précurseur, les Musiques Métisses assurent pleinement leur rôle de transmetteurs aux nouvelles générations.

Daara J Family, Chinese Man et Baja Frequencia

Nous retenons de l’ouverture du festival ce vendredi 1er juin de l’ancien et du nouveau. Débutant dans les années 1990, les Daara J Family sont parmi les pionniers du hip-hop africain, menés par Faada Freddy et Ndongo D. Un groupe sénégalais qui rappe fougueusement en wolof, français et anglais des textes engagés et optimistes sur des tempos énergiques croisant leur culture mandingue et cadences inventées par leurs cousins noirs nord-américains.

Ce même soir, leur succède Chinese Man, un petit collectif de hip-hop, électro, funk, reggae, jazz et musiques du monde, formé en 2004 à Aix-en-Provence pour porter une parole sereine qui libère les corps grâce à sa scénographie audacieuse et contagieuse. Une exultation des corps que le duo marseillais né en 2013 Baja Frequencia excite dans la même soirée avec ses cumbia colombienne, musiques africaines, jamaïcaines, hip-hop et trap-music, des compositions dynamiques étourdissantes.

Tambours de Brazza, Okwess, Arat Kilo, Femi Kuti

Le samedi 2 juin est aussi consacré à l’excitation des corps avec les Tambours de Brazza, réunis en 1991 et dirigés par le batteur Emile Biayenda. Six tambourinaires épaulés par une guitare et une basse électriques qui revitalisent les rythmes ancestraux des différentes régions tribales du Congo-Brazzaville, non sans humour. Avant que la musique d’un autre Congo ne vienne faire augmenter la température encore plus haut avec Okwess International, groupe furieux mené par le dynamiteur Jupiter chantant sur des rythmes ensorceleurs, électrisant les musiques traditionnelles de l’ex-Zaïre.

Toujours dans la veine groove éreintant, Arat Kilo, sextette parisien formé en 2008, chauffe auparavant le public angoumois avec son éthio-jazz renouvelé et entêtant à coup de saxo baryton, trompette, guitare, basse, batterie, percussions, congas. Une musique amplifiée par la voix perçante et mandingue de la Malienne Mamani Keita, et le rap et slam de l’Américain Mike Ladd. Un jazz éthiopien qui s’ouvre aussi au funk et à un autre cousinage continental, l’afrobeat nigérian que vient propager son plus fameux représentant actuel, Femi Kuti, fils de Fela Ransome Kuti (1938-1997), l’inventeur turbulent de ce mélange tourbillonnant.

Touré Kunda, Ammar 808, Goran Bregović

La 43e édition des Musiques Métisses célèbre aussi, dimanche 3 juin, un nom pionnier des musiques modernes africaines, la fratrie sénégalaise Touré Kunda qui a ouvert les ondes et les petits écrans de France, il y a près de 40 ans, pour faire connaître leur cadence infernale entre sabar (ensemble de percussions traditionnelles) et outils électriques. Aujourd’hui mené par les frangins Ismaïla et Sixu, le groupe Touré Kunda est encore un combo exubérant.

Plus au nord de l’Afrique, le collectif Ammar 808 rassemble des voix d’Algérie (Sofiane Saïdi), du Maroc (Mehdi Nassouli) et de Tunisie (Cheb Hassen Tej) pour revivifier des traditions populaires maghrébines à force de mesures électroniques, synthés et boîtes à rythmes mêlés à des traditionnels basse guembri, flûte gasba, hautbois zokra. Un tempo saccadé, une transe farouche qui se projette dans le futur. Ce Maghreb United est suivi par une star méditerranéenne, Goran Bregović, pétrisseur puissant des rythmes des Balkans, une musique généreuse et envoûtante.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 31-05-2018

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