Marie-José Justamond et la 18ème édition des Suds

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Marie-José Justamond et la 18ème édition des Suds

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Marie-José Justamond © Florent Gardin

 

Du 8 au 14 juillet, les musiques du monde investissent la ville d’Arles. Le Festival des Suds, pour sa 18ème édition, s’annonce riche en découvertes et rencontres musicales et va faire vibrer une fois de plus le magnifique patrimoine de la cité provençale.

Plus de trois cents artistes sont invités pour une centaine de concerts et de spectacles. On notera entre autres, la présence exceptionnelle de Melody Gardot et de Miguel Poveda, cantaor espagnol dont ce sera l’unique date en France. Rokia Traoré chantera sa Beautiful Africa, les grecs d’En Chordais revisiterons le rebétiko et les traditions musicales de l'Est de la Méditerranée.

Présents aussi, Goran Bregovic, la rock star des balkans ; Fanfaraï et son brass band algéro-maroco-français ; les occitans Moussu T e lei jovents, Du Bartàs et Manu Théron. Venus de suds plus lointains, le maloya réunionnais de Lindigo, et le chant des steppes asiatiques d’Urna.

Créé à l’initiative de passionnés des cultures provençales et languedociennes, le festival des Suds assume son identité musicale méditerranéenne tout en s’ouvrant sur le monde. Entretien avec Marie-José Justamond, directrice artistique du festival.

Pouvez-vous nous donner un bref aperçu historique de la création des Suds ?

Tout est parti d’une rencontre avec Michel Vauzelle, à l’époque maire d’Arles. Après la conférence de Barcelone, il m’a demandé de proposer un projet de sens et c’est ainsi que j’ai conçu les Suds en 1996, un festival de musiques du monde avec déjà des stages et des rencontres en journée. Bien sûr, le projet s’est étoffé au fil des éditions.

Comment passe-t-on des rencontres internationales de la photo aux musiques du monde ?

Cela s'est fait très naturellement et avec beaucoup de plaisir. Même si j'ai gardé beaucoup d'amis dans le milieu de la photographie, c'était un vrai choix de travailler dans les musiques du monde, qui me correspondent aussi bien au niveau de l'éthique que de l'esthétique. Mais que se soit dans le domaine de la photo ou de la musique, le métier est le même ; il s'agit d'être le médiateur entre le public et les artistes.

En quelques mots, comment définiriez-vous l’identité du Festival ?

Il est très difficile de définir le Festival en quelques mots, mais s’il fallait résumer, je dirais que Les Suds est un festival de musiques actuelles d’inspirations patrimoniales d’ici et d’ailleurs. Je n’aime pas trop à vrai dire le terme de « musiques du monde ». On pourrait plutôt parler de l’importance de la diversité culturelle et musicale. Il faut tenir compte du caractère militant du festival, c’est à dire sa forte volonté de mise en valeur des cultures et des musiques singulières, en dehors des grands circuits commerciaux et des grands courants « mainstream ». Nous voulons aussi mettre en valeur les croisements dûs aux rencontres entre musiciens.

Que pensez-vous de l’ouverture des musiques du monde vers les cultures et musiques urbaines ?
 

Les musiques que nous présentons sont des musiques vivantes ; à la fois puisant à la source de ce qui les inspire, dans leurs racines, puis, comme des rhizomes, se nourrissant aussi du monde contemporain. En même temps, l’impact d’internet et des frontières géographiques mouvantes permettent ce foisonnement et ces croisements.

Comment insufflez-vous les rencontres et les créations ?

Nous sommes vraiment au cœur des musiques du monde et nous rencontrons en permanence des artistes et des producteurs avec qui nous échangeons constamment. Ces discussions nous permettent de proposer des créations en avant-première comme Madalena de Manu Théron, ou même d'en créer avec les artistes ; c est le cas de Brama Biòu de Saboï ou de la Java des scaphandriers de Moussu T et Lo Còr de la Plana.

Des artistes incontournables dans la 18ème édition des Suds ?
 
Ils sont tous incontournables, dans des genres et registres différents. Dans nos Moments Précieux, Sam Lee est totalement inédit en France, avec son étonnant revival folk des iles britanniques. Silvia Pérez Cruz qui fera la première partie de Melody Gardot, est une chanteuse catalane complètement habitée sur scène. Alela Diane est une des plus belle voix du folk américain actuel, tout comme Miguel Poveda pour le flamenco.

Baloji et Wanlov & the Afro Gypsy Band représentent la face positive de la mondialisation avec, pour l'un, un hip hop moderne enraciné dans les traditions musicales congolaises et pour l'autre un métissage entre musiques balkaniques et sonorités traditionnelles du Ghana. Il y aura aussi le groupe réunionnais Lindigo qui offre un maloya très énergique pour un grand moment festif.

Cette année, SUDS et MP2013 présenteront [la Nuit], la cité d’Arles en est la tête d’affiche. Une nuit blanche de musiques du monde exceptionnelle, riche en découvertes et créations ?

Le samedi 13 juillet, en coréalisation avec Marseille-Provence 2013, nous présenterons [la Nuit] blanche des musiques du monde, douze heures de musiques non-stop, avec plus de trois cents artistes répartis sur seize lieux patrimoniaux de la cité d’Arles, inhabituellement ouverts au public ou au spectacle vivant, comme les Thermes de Constantin, le Temple protestant ou les Cryptoportiques.

Côté musique, de nombreuses créations ont été spécialement conçues pour l’occasion ; il y aura aussi des récitals avec des maîtres de chant, des happenings, une performance flamenca, des musiques sacrées ou profanes, intimistes ou électriques. Sans oublier les musiques à danser : des bals, bal hip-hop, bal sévillan, musiques de troubadours ou musiques populaires pour guincher jusqu’au chant de l’aube.

Comment imaginez-vous les Suds dans les années à venir ?

Difficile de savoir, nous dépendons avant tout de la conjoncture économique et politique. Il faut espérer que les valeurs que nous portons seront respectées, et que l’impact économique du  festival – qui représente 9,8 euros de retombée pour 1 euro investi – constituera un argument de poids pour l’avenir.

Propos recueillis par Jocelyne Gallais | akhaba.com | 2013-07-09

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