Cumbia Chicharra : le feu de Marseille

entretien

Cumbia Chicharra : le feu de Marseille

description: 

 

 

 

 

 

Cumbia Chicharra © François Escojido

Cumbia Chicharra, folie latino-méditerranéenne

Chicharra veut dire en espagnol cigale, criquet, cri-cri, cigalou, et aussi cloche, sonnerie, timbre… C’est le nom que s’est choisie une formation de huit artistes marseillais d’origines française et latino-américaine, amoureux de la plus populaire des musiques colombiennes, la cumbia. Cumbia Chicharra a sorti son troisième CD, Hijo de Tigre (L’Autre Distribution), en mai 2018.

Depuis sa création, le combo phocéen a embrasé les planches de plusieurs scènes d’Europe et d’Amérique du Sud en y donnant plus de 300 concerts. A coup de chant, maracas, trombone, clarinette, bugle, güira, congas, batterie, basse, il a enflammé à Paris, au Studio de l’Ermitage, la soirée du 7 février dernier du festival Au Fil des Voix. Une occasion de s’entretenir avec l’un de ses piliers, le claviériste et accordéoniste François Escojido.

Quelle est l’origine de votre musique ?

La cumbia est le terme générique d’une musique née au XVIIe siècle en Colombie. Mais dès les années 1940, elle s’est beaucoup diversifiée avec des grands orchestres de danse. Elle est ensuite devenue la cumbia avec accordéon, une version plus folk qui s’est répandue en Argentine et au Mexique, avant de se combiner à de l’électro à partir des années 1990. Au départ de notre groupe, il y a 15 ans, nous avons repris la cumbia d’orchestre puis nous avons introduit nos cultures urbaines, du funk, du dub, du balkanique, de l’andalou, du flamenco.

Nous sommes un vrai collectif. Il n’y a pas de leader. Chaque musicien apporte ses idées. Notre musique est à deux-tiers faite de nos compositions. La base reste quand-même une culture afro-latine : on part des musiques de la Caraïbe jusqu’au funk de la Nouvelle-Orléans.

Quel public aujourd’hui en France pour la cumbia ?

C’est une niche qui est en train de grandir. Au départ, il n’y avait que deux groupes, Cumbia Ya à Paris et nous à Marseille. A partir de 2005, les DJs s’y sont intéressés quand elle s’est mélangée à de l’électro, et depuis, ça se développe nettement. Par exemple, nous avons vendu le second album à 3 000 exemplaires, et là, avec le troisième, en peu de temps, nous en sommes déjà à 1 500 et 85 000 écoutes en streaming. Le public est croissant grâce aussi à la grosse vague du reggaeton qui y participe et le mélange avec le hip hop.

Si l’on compare avec l’évolution de la salsa, cette dernière est devenue très populaire en France dans les années 1980, puis elle a perdu de son attrait. La salsa est dure à danser et a un côté élitiste qui lui a fait perdre son aspect populaire, alors que la cumbia peut se danser n’importe comment.

Justement, la cumbia n’est-elle qu’une musique à danser ?

Pas du tout ! Notre musique peut s’écouter aussi bien aussi chez soi que dans sa voiture. Donc là, on ne danse pas ! Nous en avons eu marre de cette image de musique à danser. Nous cherchons un côté plus complet, voire mystique… Nous faisons plus voyager que danser. Les gens chaloupent mais ne dansent pas de manière hystérique comme pour la techno. Il y a un côté rock maitrisé !

Quels sont vos projets ?

Nous préparons le prochain album à sortir au printemps 2020. Nous l’enregistrerons cet automne. Une autoproduction soutenue par la Spedidam et la SCPP, des sociétés de perception et de répartition des droits des artistes-interprètes et des producteurs, et la Région Provence-Côte d’Azur.

Par Jean-Pascal Assailly | akhaba.com

albums relatifs