Ebo Taylor fait revivre le highlife à Paris

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Ebo Taylor fait revivre le highlife à Paris

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Ebo Taylor © JHahn

A soixante-seize ans en 2012, le chanteur et guitariste Ebo Taylor est un peu la mémoire du highlife, cet alliage de traditions du Ghana, jazz, blues, fanfare, calypso et plus tard rock, qui influença longtemps les musiques urbaines africaines, provoquant la naissance de l’afrobeat dans le Nigeria voisin.

Avant d’être (re)découvert dès 2010 en Occident, Ebo a vécu pleinement l’âge d’or du highlife entre les dernières années et les premières de l’indépendance de son pays en 1956. Une période où il fait ses gammes au sein des Stargazers, le Broadway Dance Band, orchestres réputés d’Accra.

Après cette période glorieuse de la bande-son urbaine ghanéenne, Ebo Taylor se lance dans une carrière solo, ouvrant sa musique originelle aux soul et funk, à davantage de jazz, à l’afrobeat popularisé de Lagos dès la fin des années 1970 par Fela Kuti jusqu’à supplanter le highlife sur les scènes africaines et occidentales.

La décennie 1980 sera fatale au genre d’Accra avec les putschs militaires, la multiplication des couvre-feux nocifs à la vie nocturne et l’apparition de la cassette audio qui favorisera l’essor du piratage, renvoyant injustement les musiciens à la retraite, souvent prématurément.

Il fallut attendre une rencontre miraculeuse avec des Berlinois fondus de cadence africaine moderne, le collectif The Afrobeat Academy, pour sortir Ebo Taylor à la lumière des scènes occidentales enflammées par son chant rouillé sur un groove étincelant de guitare électrique, basse, saxophone, trompette, trombone, orgue Farfisa, batterie ou maracas. Une renaissance que l’on peut revivre à Paris vendredi 1er au Cabaret Sauvage.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-05-31

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