Soufisme albanais à Paris

concert

Soufisme albanais à Paris

description: 

 

 

 

Photos Pierre Bois

Albanie. C’est peut-être le pays européen et méditerranéen le moins connu culturellement par les Européens et les Méditerranéens. Musulman ? Chrétien ? On dit qu’un peu plus de la moitié des 3,2 millions de ses habitants seraient musulmans, mais avec des ancêtres chrétiens avant la conquête ottomane qui dura quatre siècles et avant que tous le monde soit déclaré athée sous le communisme de 1945 à 1990.

Du jeudi 3 au dimanche 6 mai à la Maison des Cultures du monde de Paris, la 16e édition du festival de l’Imaginaire lève un coin du voile sur une culture singulière, reconnaissable et différente, mais albanaise comme le zikr rifaï (3 et 4 mai), rituel de la Rifâ’iyya, ordre soufi né au XIIe siècle en Irak et implanté au XVIIe en Albanie.

Le zikr albanais a survécu au demi-siècle de stalinisme d’abord et de maoïsme ensuite, pendant lequel il était pratiqué clandestinement, le plus souvent dans les maisons des maîtres de cérémonie, comme celle du shaykh Qemaluddin Reka, à Tirana. Après la chute du régime communiste, sa demeure se transforma en lieu officiel du culte des Rifaï.

Chaque dimanche soir, ils s’y réunissent pour, d’abord prier, réciter des versets coraniques, louer Dieu et le Prophète en des chants des plus embrasés, des solos et des chœurs que viennent ensuite soutenir le fyell, la longue flûte des bergers albanais aux improvisations étourdissantes. Daf et derbouka poursuivent la ronde et préparent la danse.

C’est-à-dire quand le shaykh invite les fidèles à se faire face en se tenant par les épaules, le dos, et entament leurs cercles chorégraphiques en douceur, puis le tour s’accélère alimenté par le chant saccadé de l’assemblée, enivrée par sa scansion des 99 désignations du Divin jusqu’à l’extase. C’est le zikr rifaï de Tirana.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-04-30