Sia Tolno chante à Paris

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Sia Tolno chante à Paris

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Photos : N'Krumah Lawson-Daku | Lusafrica

Mi-juin 2011, sur la scène du petit club le Zèbre, boulevard de Belleville, côté XIe arrondissement de Paris, elle est en longue robe noire avec des motifs d’or, quelques formes, un certain charisme et surtout une voix vigoureuse, hégémonique. La Guinéenne (Conakry) Sia Tolno a de quoi être comparée à l’illustre Sud-Africaine, voire panafricaine, Miriam Makeba (1932-2008), feulements et onomatopées compris. La comparaison est soutenable notamment quand Sia chante en anglais. La jeune chanteuse vocalise généralement dans un mélange de kissi et de mendi, dialectes de sa région d’origine, proche des anglophones Libéria et Sierra Leone où elle a grandi. Entre le Zèbre, sa première partie du Capverdien Teofilo Chantre au temple parisien du jazz, le New Morning, et le week-end de Pentecôte au festival Musiques métisses d’Angoulême, elle vient de donner en France un avant-goût de son prochain album à paraître en septembre 2011, My Life, sa seconde production après Eh Sanga de 2009, toujours fidèle au label Lusafrica.Un nouveau disque précédé par trois extraits dont Odju Watcha, la chanson emblématique et énergique, suivie d’un morceau plus doux (accordéon), Blind Samaritan, et de l’entraînant et sobre Tonia, des titres prometteurs.

Deux choristes, une Blanche, une Noire, comme les notes de musique, répondent aux plaidoyers anti-guerres africaines, à sa moquerie du machisme. Sia soulève même sa robe, faisant découvrir son collant noir jusqu’aux chevilles. Elle reprendra Dans ma rue de Piaf, un chant de 1946 sur le Paris populaire, celui des  « classes dangereuses » et terriblement d'actualité. Sia y trouve quelques rappels de sa propre vie. Derrière elle, jouent avec classe des bongos, une batterie, un saxophone, une basse, parfois une flûte et surtout une guitare électrique. Celle du superbe et trop modeste Mamadou Camara, doigts d’or du prestigieux Kaloum Star, groupe pionnier du modernisme africain à Conakry au tournant des années 1960-70, costumé comme à l’époque. Il faut le pousser de temps à autre sur le devant de la scène, à rallonger un peu plus ses solos acrobatiques, vaguement nostalgiques, et le show de Sia Tolno sera parfaitement irrésistible.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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