Le clan Pradal s’épanouit aux Lilas

concert

Le clan Pradal s’épanouit aux Lilas

Chanteur et guitariste Vicente Pradal est un habitué de la salle conviviale des Lilas. Il y revient le week-end des 1er et 2 mars, en famille, ses enfants Paloma (chant) et Rafael (piano), et le complice du clan, Emmanuel Joussemet (violoncelle). D’ailleurs, c’est au Triton qu’ils ont enregistré leur CD-DVD Herencia (2009), une quinzaine de chansons fortes et dépouillées pour se rapprocher de l’essentiel.

Vicente et les siens chantent beaucoup le flamenco, mais pas seulement. Ils font-même basculer le cante jondo en des territoires peu explorés, des créations personnelles, entre réminiscences, saudade, originalité, contemporanéité, et toujours des surprises. Dans la musique du quatuor, il y a aussi du tango, de la musique classique, du jazz, des monuments de la littérature sud-américaine, l’Argentin Borges (1899-1986), le Chilien Neruda (1904-1973).

Les Pradal sont marqués par leur histoire de famille hispano-toulousaine, descendante d’un député exilé antifranquiste. Ainsi, le timbre granitique de Vicente et la voix fine de Paloma n’interprètent pas pour rien les poètes andalous Federico García Lorca (1899-1936), fusillé en Andalousie par des antirépublicains, Antonio Machado (1875-1939), mort d’épuisement près de la frontière française en fuyant les troupes de Franco, Miguel Hernández (1910-1942), disparu au bagne d’Alicante.

Le groupe Pradal cultive la sobriété pour ne pas parasiter l’émotion, ce duende quasi mystique qui lui fait chanter Saint Jean de la Croix (1542-1591), le carmélite espagnol inspiré, paraît-il, par un mystique natif de Murcie, Ibn Arabî (1165-1240), le plus grand philosophe du soufisme, sublimant la passion, la beauté et l’éloignement.

Par David Marif | akhaba.com | 2013-02-27

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