Gwoka à l’Olympia

concert

Gwoka à l’Olympia

Cela a commencé il y a une trentaine d’années par le carnaval de Pointe-à-Pitre. Quand Akiyo y a déboulé avec ses tambours farouches, ses chants tonitruants, ses membres habillés de feuilles séchées de bananier, encadrés par d’autres portant casque colonial et faisant mime de fouetter leurs partenaires.

Le souvenir et l’exorcisme de l’esclavage étaient là, étalés au grand jour, bouleversant une cérémonie jusqu’ici bon enfant. Issu du Mouvman Kiltirèl créé à la fin des années 1970 par des militants indépendantistes, Akiyo est devenu le groupe phare d’une culture afro-guadeloupéenne jusque-là marginalisée.

Ses fondateurs, les frères Joël et Patrick Nankin, Michel Halley, Jean-Pierre Coquerel, rejoints plus tard par François Ladrezeau (Fanswa Ladrezo, le leader actuel) ont réussi leur combat : le gwoka constitue désormais l’identité de la Guadeloupe. Akiyo revient le vendredi 27 avril à l’Olympia la faire partager avec les habitants d’Ile-de-France, région qui regorge de groupes de gwoka plus ou moins professionnels.

Collectif à taille variable, Akiyo est leur modèle pour son énergie sans faille, ses tambours ka percutants, ses chacha dynamiques, ses rythmes plus sophistiqués et ses chants socialement plus impliqués. Akiyo sait aussi, entre musique, danse et joute, allier dérision, autodérision, bal, résistance et contestation.

D’ailleurs, le groupe est aussi expert en mas a Sen Jan (masque à Saint-Jean), musique en tambours des défilés à pied dans le carnaval. Le chant viril aux racines animistes côtoie les voix féminines souvent formées dans les chorales d’église.

Par David Marif | akhaba.com | 2012-04-26

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