Un crooner capverdien à Paris

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Un crooner capverdien à Paris

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Tito Paris

Tito Paris, chanteur de charme du Cap-Vert, sans album original depuis quinze ans, se manifeste en France, le 27 avril à La Cigale de Paris, grâce à un nouveau disque, avec sa voix écorchée, sa morna déchirée, cette nostalgie insulaire popularisée par la diva Cesaria Evora.

Ildo Lobo et Tito Paris, crooners du Cap-Vert

Les deux meilleurs chanteurs de charme capverdiens de ces vingt-cinq dernières années restent Ildo Lobo et Tito Paris. Le premier, séducteur impénitent et gaillard, est emporté en octobre 2004, à cinquante-et-un ans, par l’ingurgitation de forts spiritueux dès son réveil, miné par une insupportable vengeance conjugale. Ildo et Tito sont tous deux crooners originaires de São Vicente, l’île de la diva Cesaria Evora (1941-2011), la reine de la morna, ce spleen insulaire charmeur que déclame l’elfe Tito Paris, le timbre voilé, qui n’a pas sorti d’album original depuis quinze ans, tant il était accaparé par ses tournées à travers le monde.

Installé depuis près de quarante ans à Lisbonne, Tito vient, enfin, à cinquante-cinq ans, de contenter ses admirateurs avec Mim Ê Bô (Ruela Music/Sony Music, 2017), un disque créole d’une douzaine de chansons, essentiellement des mornas où figure son aîné, le géant, artistiquement et physiquement – deux mètres de stature –  du genre, Bana, disparu en juillet 2013, à quatre-vingt et un ans, lui aussi natif de São Vicente. Tito Paris est ce vendredi 27 avril à La Cigale, salle mythique du XVIIIe arrondissement parisien. Il est venu pour la première fois à Paris en 1996, au New Morning.

La morna rauque de Tito Paris

Aristides « Tito » Paris à la guitare, soutenu par les cavaquinho, violon, claviers, cuivres, percussions chante aussi des coladeiras, ces musiques de danses sensuelles, qui oscillent entre Brésil, Caraïbes et Afrique continentale. Le Cap-Vert est un archipel, au large du Sénégal, ancienne colonie portugaise indépendante depuis 1975, porteur d’une culture métisse nourrie par les influences de toutes ces terres avoisinantes mais qui reste singulière. Une particularité africaine avec une musique indéfinissable, quelque part entre Afrique, Amérique et Europe que la voix unique de Tito Paris enchante avec son registre émouvant.

Le timbre rauque, Tito Paris chante d’une voix écorchée la sodade, créolisation du mot portugais saudade, nostalgie, ce remords capverdien gorgé de souvenirs immémoriaux qui fait la culture fondamentale de l’archipel, au-delà de ses rythmes festifs et lascifs, tels la coladeira, la funana, le finaçon, le batuque. Tito rend hommage à B. Leza (1905-1958), le parrain de la morna, poète blessé, écrivain pamphlétaire paralysé des jambes et artiste floué, puisque mort dans l'indifférence et la pauvreté.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 24-04-2018

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