Cimafunk et Akokán : révélations afro-cubaines en tournée française

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Cimafunk et Akokán : révélations afro-cubaines en tournée française

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Orquesta Akokán © Adrien H. Tillmann

Les deux révélations 2018 des musiques cubaines sillonnent l’Europe des festivals cet été : le funk afro-cubain de Cimafunk et le mambo revitalisé d’Akokán. Les petits chanceux de la Bellevilloise pourront les découvrir ensemble, jeudi 25 juillet à 19h30.

Cimafunk

Ne dites pas à Erick Iglesias qu’il est le James Brown cubain. Cela risque d’offenser sa modestie. Il y a pourtant de ça dans sa musique, même si des déluges de décibels ont inondé les scènes du monde entier depuis la disparition de "Mister Dynamite", et qu'entretemps des Michael Jackson ou Prince ont pris la relève. Ce sont bien les icônes de la soul afro-américaine qui ont forgé l’univers musical du natif de Pinar del Río (ouest de l’île), aux côtés de Beny Moré, Rolando La Serie, Freddy, Los Van Van et NG la Banda. Un séjour en France lui a permis de découvrir d’autres horizons, comme l’afrobeat de Fela et le coupé-décalé ivoirien.

Sa carrière professionnelle commence avec les chanteurs Raúl Paz et David Torrens puis avec le groupe Interactivo de Robertico Carcassés (une pépinière de talents). Il forme le sien fin 2016 sous le nom de Cimafunk, en référence aux nègres marrons qui prenaient le maquis pour fuir l’esclavage (cimarrones en espagnol). Il explose en 2018 et remporte le prix Lucas du vidéo-clip le plus populaire.

Le jeune chanteur à peine trentenaire soigne son look : tenues scintillantes ou léopardées, pantalons moulants, grandes capes, coiffure au carré et lunettes noires… Au-delà de l’aspect visuel, sa proposition a le mérite de renouveler le paysage musical cubain, l’extirpant de la mélasse d’une certaine timba, et s'impose en concurrente féroce de l’assourdissant reggaeton.

Sans autre prétention que celle du divertissement, son funk afro-cubain frise parfois le minimalisme. Le refrain « Me voooooooooy… ¡pa’ mi casa ! » ne serait rien sans ce gimmick dévastateur, hérité des gloires de la soul et des rythmes africains. Et comme aux meilleures périodes de Van Van, le cubain de la rue ne cesse de reprendre ce « Je vais chez moi » à la moindre occasion, à l'instar d'Omara Portuondo qui conclut ainsi souvent ses concerts.

La revue Billboard classe Cimafunk dans les dix artistes latino-américains à suivre en 2019, ce qu’auront pu faire au printemps des milliers de nord-américains lors de sa première tournée triomphale aux USA. Et ce que ne manquera pas de faire le public européen cet été.

 Orquesta Akokán

L'Orquesta Akokán est l’autre révélation de l’année 2018, la meilleure surprise venue des USA depuis bien longtemps en matière de musiques latines.

Au-delà de la simple réussite artistique, c’est un pont entre le pays de l’Oncle Sam et Cuba puisque, si le pianiste Michael Eckroth, le tresero Jacob Plasse et le chanteur Jose "Pepito" Gómez sont basés à New York, le reste de la troupe, soufflants et frappeurs des Grandes Ligues, est constitué de requins des studios Areito à La Havane.

Akokán fait aussi le lien entre les années 1950 et l’ère actuelle. Sans aller chercher des éléments exogènes dans le rap ou l’électronique, l’orchestre nous livre un mambo contemporain, certes mâtiné de salsa dura des années 1970 mais aussi hors du temps. Ainsi, loin d’être une compilation d’adaptations de Pérez Prado, son premier disque (Orquesta Akokán, Daptone, 2018) est constitué à 100 % d’œuvres originales du trio infernal.

Et dans ce trio, c’est l’énergie du chanteur Pepito Gómez qui capte l’attention. Né en 1971 à Camagüey, centre-est de Cuba, il s’enrôle naturellement dans la charanga locale, la Maravilla de Florida, l’une des rares formations provinciales qui, bon an mal an, maintient une audience nationale.

A La Havane il se bonifie avec Los que Son, Son de Pupy Pedroso, non sans avoir précédemment participé au premier opus de Habana Ensemble du saxophoniste César López (Mambomanía, Latin World Productions, 1999). Un premier album en forme d’hommage à… Pérez Prado. Et, pour refermer la boucle, c’est ce même César López que l’on trouve à la tête de la section des vents d’Akokán.

López, qui, au beau milieu des années 1990, avait subjugué le public du New Morning alors qu’il officiait au sein d’Irakere, est annoncé pour cette tournée, de même que le jeune percussionniste Otto Santana, passé par l’« Académie » de Ruy López-Nussa, et l’immense bassiste Jorge Reyes (Arturo Sandoval, Irakere…).

Cette musique vient du cœur (akokán en yoruba) et touche nos cœurs, tout comme le groove joyeux de Cimafunk. A consommer sans modération, donc.

Par Didier Ferrand | akhaba.com

Cimafunk et l'Orquesta Akokán seront en tournée en France cet été :

Cimafunk :
Festival Lézart Vert, Saint-Etienne-de-Fursac le 19/07
Détours du Monde, Chanac le 20/07
Zik Zac Festival, Aix En Provence le 27/07
Tempo Latino Festival, Vic-fezensac le 28/07
Festival Jazz en Baie, Carolles le 31/07
Les Nuits du Sud, Montigny-sur-Vence le 01/08
Festival Du Bout Du Monde, Crozon le 02/08

Orquesta Akokán :
Nice Jazz Festival, Nice le 18/07
Les Nuits de Fourvière Première, Lyon le 26/07
Tempo Latino Festival, Vic-fezensac le 27/07
Casino La Roche Posay, Montigny-la-Resle le 03/08
Fiest'A Sète, Sète le 05/08

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