Le Cameroun d’Erik Aliana à Paris

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Le Cameroun d’Erik Aliana à Paris

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Photos Jean-Bastien Lagrange

Issu des O'Sananga, ethnie Béti du centre du Cameroun, Erik Aliana possède l’énergie des elfes de la forêt africaine et aussi la sagesse de ses esprits bienfaisants. Chanteur multi-instrumentiste et auteur-compositeur, il souffle un nouvel air sur la musique urbaine camerounaise, mais pas seulement, car il lui arrive aussi d’introduire une sonorité inédite dans la rumba congolaise comme en témoigne son dernier disque Songs from Badissa, paru en 2001.

Une musique qu’il joue en bonne partie jeudi 19 avril au Studio L’Hermitage et le 26 mai à La Bellevilloise, dans le XXe arrondissement parisien. Une musique essentiellement acoustique faite de guitares, balafon, sanza, harmonica, flûte, batterie et quelques bruitages qui évoquent le rythme de la vie et de la nature que l’artiste célèbre avec des compositions recherchées, dynamiques et tendres.

Il chante principalement dans sa langue maternelle d’une voix chaude et fine pour parler d’héritage culturel à préserver, de tolérance, du travail de la terre, de choses de la vie comme la déconvenue conjugale, regrette les veillées familiales d’antan et alerte aussi sur la destruction de la forêt et de la communauté qui en vit le plus, les pygmées. Erik leur emprunte à ce peuple réputé semi-nomade quelques-uns des rythmes qui cadencent avec une précision inouïe ses polyphonies ancestrales.

Bien sûr, Aliana est aussi inspiré par les deux styles majeurs du Cameroun, le makossa planétarisé par un certain Manu Dibango dès 1973, l’année de sa naissance (celle d’Erik, pas du vaillant septuagénaire Manu avec qu'Aliana a accopmpagné), et le bikutsi popularisé par les Têtes Brûlées dès les années 1980.

Il y a aussi cette musique de danse démente, dangereuse pour les reins, l’assiko, et le mvet tourbillonnant de l’arc à bouche du même nom. A la fois jazz et rock de la forêt et de la ville, les compositions sophistiquées d’Erik Aliana expriment simplement ses deux sources d’inspiration, la bande son des rues de la capitale Yaoundé où il étudiait et la tradition du village natal où il passait ses vacances buissonnières. Il appelle son invention charmeuse, le tuki.

Par Dominique Dupeyron| akhaba.com | 2012-04-18

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