Souffle générateur au Bataclan

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Souffle générateur au Bataclan

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Youssou N’Dour © Youri Lenquette

L’ancien ministre du Tourisme et de la Culture, puis du Tourisme et des Loisirs, actuel ministre-conseiller du président du Sénégal Macky Sall, producteur, acteur, promoteur de spectacles, patron de presse papier et d’audiovisuel, a retrouvé le chemin des studios (les siens à Dakar) pour réaliser son tout récent album, Africa Rekk – en wolof : l’Afrique seulement – sur des rythmes d’harmonica, dès l’entrée, guitare, basse, clavier, percussions.

Un titre ou plutôt un message que l’Elvis du mbalax, ce rock sénégalais soufflant comme un ventilateur, délivre à travers une douzaine de chansons mêlées aussi de rumba congolaise, reggae, calypso, rap, pour dire qu’il fait un retour puissant au continent mère après plusieurs lustres passés à satisfaire deux publics à la fois, l’Africain et l’Occidental. Une période féconde de productions plus tranchantes qui exaucent « la communauté » et d’autres davantage customisées pour séduire « les toubabs » depuis les premiers mbalax universalistes de « You » (pour les proches), il y a près de 30 ans, sous le parrainage de Peter Gabriel, le protecteur anglais des musiques du monde.

Une afro-pop qui lui a plus réussi en duo avec l’Afro-Américaine suédoise Neneh Cherry, 7 Seconds, tube planétaire produit en 1994, que les vaines collaborations avec Pascal Obispo sur Nothing’s In Vain, album de 2002. Youssou a aussi jeté en 2004 un pont entre Dakar et Le Caire avec le disque arabisant Egypt pour confirmer avec sa voix de muezzin profane la tolérance de sa foi musulmane dans une période où l'islam immobilisait déjà les plus fortes discordes.

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’enfant – 57 ans le 1er octobre 2016 – de la Médina de Dakar, socialement et politiquement concerné depuis ses premiers pas sur scène, tient à chanter ces vendredi 18 et samedi 19 novembre à la réouverture du Bataclan en cette commémoration des victimes des tueries de 2015 commises par des assassins décervelés (pléonasme ?) qui n’avaient fait aucune distinction entre les différentes croyances de leurs cibles.

« Je pense qu’avec la musique, je pourrai apporter cette vie dont a besoin Le Bataclan. La musique va pouvoir parler, mon discours est dans ma musique », dit Youssou N’Dour, engagé depuis si longtemps dans de nombreux combats sociaux, politiques, humanitaires, culturels, bref, émancipateurs, qu’il porte avec toujours le souci de faire danser son public en entertainer accompli et clairvoyant.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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