Afrobeat et éthio-jazz enflamment Pleyel

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Afrobeat et éthio-jazz enflamment Pleyel

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Photographie Bernard Benant

C’est une nuit qui va réjouir les fous de funk revenu à l’Afrique à travers l’éthio-jazz et l’afrobeat représentés respectivement par Mulatu Astatqé et Tony Allen. Deux monstres sacrés du groove jamais programmés dans une même soirée qui se succèdent le samedi 17 novembre sur les planches de la salle Pleyel accompagnés chacun par un groupe imposant, où brillent surtout le cuivre (trompette, saxophone, clarinette), l’outil signalétique de deux genres unissant exceptionnellement Afrique de l’Est et de l’Ouest.

Vibraphoniste, percussionniste (congas), Mulatu Astatqé (ou Astatske) est un cas à part dans la modernisation de la scène éthiopienne débutée à la fin des années 1960 à Addis-Abeba. Une rénovation qu’on lui attribue souvent parce qu’il a été probablement le premier musicien éthiopien à s’être confronté aux rythmes du large en étudiant clarinette et piano à Londres dès la fin des années 1950 avant de s’envoler pour New York pour compléter ses études musicales.

Durant ses séjours anglo-américains Mulatu fréquente des musiciens de jazz (il joue avec Duke Ellington), latino-américains (boogaloo, salsa), caribéens anglophones (calypso). Bref, un fruit qu’il fera fructifier avec les racines abyssines de retour au pays en produisant des chansons notamment pour Mahmoud Ahmed, l’Elvis de l’éthio-jazz, appellation formulée après 1999 avec le succès de la collection Ethiopiques du label français Buda Musique.

Une série qui fait découvrir au monde l’âge d’or de la scène moderne d’Addis-Abeba et relance plusieurs de ses anciennes gloires dont Mulatu, frôlant les soixante-dix ans aujourd'hui, qui, au gré des tournées, dispose maintenant d’un groupe américain et de deux autres européens, notamment le Step Ahead avec lequel il vient à Paris. Un septette de cuivres, piano, synthé, contrebasse, violoncelle, batterie, inspiré par le funk, qui l’aidera à embraser la salle Pleyel avant que ne lui succédera le feu d’artifice promis par le Nigérian Tony Allen. 

L’ancien batteur de Fela Kuti (1938-1997) soulève régulièrement le public français avec son afrobeat revu par la musique électronique. Audacieux, ouvert, Allen, soixante-douze ans actuellement, trace un nouveau chemin au tempo inventé par le Black President quand il le croise aussi aux rap, electro-dub, drum and bass. Quand il chante, Tony perpétue une rhétorique dramatique tel un conteur yoruba des temps anciens. A force de batterie, guitare, saxos, synthé, basse, Allen annonce une nuit de transe.

Par Hadi Omar | akhaba.com | 2012-11-16

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