Stivell à l’Olympia, 40 ans après

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Stivell à l’Olympia, 40 ans après

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Photo David Raynal

Le 28 février 1972, Alan Stivell joue à guichet fermé en tête d’affiche de l’Olympia. L’artiste breton, qui a déjà popularisé de nombreux airs du répertoire traditionnel comme Tri Martolod, An Alarc’h ou Pardon Speied, est entouré de ses compagnons Michel Santangelli (futur batteur de Jacques Higelin), Gabriel Yacoub (fondateur de Malicorne en 1973), Pascal Stive, Gérard Levasseur, Serj Parayre et Michaël Klec'h. Le concert est retransmis alors en direct sur Europe numéro 1. Ils sont 7 millions d'auditeurs à l’écouter. L’album enregistré du concert sera intitulé sobrement Alan Stivell à l’Olympia et deviendra pratiquement un phénomène de société avec plus de 1,5 million d’exemplaires vendus pour une musique encore méconnue.

Dès lors, plus rien ne sera comme avant. Les créations et arrangements modernes de Stivell ouvrent la voie à la première vague celtique, au revival du kan ha diskan et de la gwerz. Désormais, les Bretons n’ont plus honte de leur culture et retrouvent les accents de la langue du vieux pays de leurs pères (bro gozh ma zadou). La pop celtique de Stivell, qui avait un peu plus tôt électrisé la foule en liesse de l’Olympia, relance l'engouement pour les festoù-noz qui sont organisés un peu partout en Bretagne ; des écoles diwan surgissent et le regard des autres commence à changer sur cette fin de terre.

Quarante ans plus tard, tout n’est pas encore résolu. La Bretagne perd ses derniers bretonnants de naissance. La charte sur les langues minoritaires n’a toujours pas été ratifiée par la France et Nantes est toujours la préfecture de région des… Pays-de-Loire ! Pourtant Alan Stivell peut contempler le chemin parcouru. Inlassablement, le barde breton aura su tisser des liens avec des artistes du monde entier (Youssou N’Dour, Jim Kerr, Cheb Khaled, Breda Mayock, Idir...) comme pour mieux revendiquer son appartenance à une Bretagne contemporaine, enracinée et résolument ouverte sur le monde.

Comme en 1972, le concert événement du 16 février n’est programmé que sur une seule date. En hommage à la harpe celtique réinventée par son père Jord Cochevelou, l’artiste jouera sur son tout nouveau prototype high-tech dans une chorégraphie qui se veut résolument futuriste. A ses côtés, des amis de l’époque, Dan Ar Braz  à la guitare, mais aussi René Werneer au fiddle ou encore le bagad Quic en Grogne de Saint-Malo où Alan allait livrer au début des années soixante les premières harpes celtiques de son père. Il y aura aussi avec lui la star bretonne de l’année, Nolwenn Leroy, avec laquelle Stivell a déjà chanté et qui apportera toute sa jeune sensibilité féminine à cet anniversaire émouvant, presque militant.

Par David Raynal | akhaba.com

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