Passion maqam et flamenco à Paris

concert

Passion maqam et flamenco à Paris

C’est un pont jeté entre le passé et le présent. Le passé, c’est Damas capitale du premier empire musulman, le Califat omeyyade (661-750), et l’Andalousie terre du dernier royaume omeyyade, celui de Cordoue (756-1031). Le présent, c’est le concert le 31 janvier 2008 à l’Alhambra de Grenade de la Syrienne Waed Bouhassoun avec les Espagnols Curro et Carlos Piñana pour lancer les festivités de Damas capitale arabe de la culture 2008.

Aujourd’hui, ce samedi 16 février, Waed retrouve les frères Piñana pour renouveler cette rencontre d’exception entre le maqam, l’art savant arabe, et le cante jondo, le chant gitan, à l’Institut du monde arabe que les trois artistes ont déjà enflammé en août 2010. Dans le monde arabe, Waed est une rareté : une femme qui chante et joue du oud. Ses notes limpides accompagnent une voix qui voltige de la douceur à la vivacité.

Entre méditation et énergie, Waed chante la légende. Celle de l’embrasement d’Ibn Zaydoun (1003-1070), vizir de Cordoue,  et de Wallâda (994-1091), princesse andalouse, tous deux poètes versifiant leur passion en des termes quasi-mystiques. La jeune chanteuse syrienne déclame aussi un autre mythe, Râbi’a al-‘Adawiya, poétesse née vers 713 en Irak, qui fut courtisane, danseuse, musicienne avant de consacrer le restant de ses jours à louer Dieu, jusqu’à ses quatre-vingts ans.

Le mysticisme est aussi présent chez Curro qui chante en espagnol un autre fils d'Andalousie, le plus grand poète du soufisme, mort à Damas en 1240, Ibn Arabi, né en 1165 à Murcie, dans la région du clan Piñana. Murcie est musicalement célèbre pour l’exigeant concours flamenco de La Unión ouvert chaque année aux artistes débutants et que Curro, au chant, et Carlos, à la guitare, en ont déjà remporté plusieurs prix.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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