Paloma Pradal : une princesse flamenca au Café de la Danse

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Paloma Pradal : une princesse flamenca au Café de la Danse

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Paloma Pradal

Accompagnant ses parents depuis sa prime jeunesse, Paloma Pradal fête lundi 14 mai au Café de la Danse son premier album solo Rabia, un répertoire où elle chante de sa voix saisissante des créations et des reprises, amenant son flamenco sur de nouvelles rives. 

La colombe du flamenco

S’il fallait commencer cet article sur un ton lyrique, je dirais que Paloma Pradal porte bien son prénom, Colombe, en espagnol. Or, avec cette jeune chanteuse de 26 ans, il n’y a pas de temps à perdre avec de telles considérations journalistiques : Paloma vous bouleverse et vous bouscule déjà, vous vole dans les plumes avec sa voix flamenca à vous déchirer le cœur.

C’est avec sa mère, la chanteuse Mona Arenas, et son père, le musicien Vicente Pradal, que cette Toulousaine a appris à chanter les subtilités de la complainte andalouse. Fille de gitane et petite fille d’exilé espagnol, Paloma porte au fond de sa voix, à la fois la déchirure du déracinement et la fulgurance de l’âme gitane. Récemment en concert au Triton, petite scène audacieuse des Lilas, au nord de Paris, elle donne un récital ce lundi 14 mai au Café de la Danse parisien. Elle fête à la salle renommée, à deux pas de la Bastille, la sortie de son premier album solo Rabia (Le Triton/L’Autre Distribution).

Ne me quitte pas en espagnol

Accompagnée par Samuelito à la guitare, Édouard Coquard à la batterie et aux percussions, Édouard Bertrand au piano et Ouriel Ellert à la basse, Paloma Pradal, tantôt levée, tantôt assise sur son cajon, attend le public de pied ferme. Au programme de cette soirée de fête, des créations, dont notamment Rabia, titre éponyme de ce premier disque, tel un manifeste de la chanteuse contre les violences faîtes aux femmes, et des reprises saisissantes, à l’exemple de No me dejes, une adaptation réalisée par Pradal père du chef d’œuvre de Jacques Brel, Ne me quitte pas.

Paloma Pradal chante García Lorca

Un concert de Paloma Pradal est un exercice de style où l’artiste livre ses émotions à la sensation pure avec une belle maîtrise vocale, épaulée par de jeunes musiciens talentueux. Paloma sort aisément des cadres traditionnels du flamenco pour aborder d’autres rives, de la chanson française au jazz de Jean-Marc Padovani, ou au reggaeton de Taiwan MC. Comme point de repère pour éviter la confusion : ce timbre de voix qui nous ramène toujours au méridien andalou.

Avec Les Fiançailles, dernier morceau de son disque, Paloma chante en français des vers de Federico García Lorca (1898-1936), poète martyr pour qui le duende, ce feu follet, ce moment de grâce et d’extase du flamenco, exprime le mieux le « génie » de l’âme espagnole. Paloma en est une digne héritière. La petite princesse gitane a pris son envol sur le chemin de la consécration.

Par Diana Saliceti | akhaba.com | 14-05-2018

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