Un art d’Edo qui a du chic

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Un art d’Edo qui a du chic

Ecouter des histoires d’amours tragiques racontées au son du shamisen, le luth à long manche japonais, était un plaisir raffiné très apprécié au 18ème siècle des habitants d’Edo, le nom d'origine de Tôkyô. Les jeudi 13 et vendredi 14 novembre à 20h, la Maison de la culture du Japon à Paris propose de découvrir l’un de ces styles de musique narrative, le shinnai-bushi, apparu dans la capitale nippone vers 1760.

Son répertoire est avant tout mélancolique et sensuel, même s’il existe aussi un registre comique. Ses interprètes – généralement un récitant et deux joueurs de shamisen – animaient souvent les banquets auxquels étaient conviées des geishas. C’est ainsi qu’il se distingue d’un autre style de musique pour récitant, le gidayu-bushi d’Ôsaka, qui accompagne le théâtre de marionnettes bunraku.

Le récitant, Tsuruga Wakasanojo, désigné « Trésor national vivant » par le gouvernement japonais en 2001, est à la tête de l’école de shinnai Tsuruga. Ayant à cœur de faire découvrir son art à un large public, il multiplie les collaborations entre shinnai et d’autres arts de la scène dans le monde entier. En 2009, en Ecosse, il réussit le tour de force d'improviser une pièce de shinnai basée sur le célèbre poème A Red, Red Rose de Robert Burns, le plus grand poète calédonien.

Pour ce spectacle à la Maison de la culture du Japon, il présentera plusieurs facettes du shinnai-bushi : Ranchô, une célèbre pièce tragique dans laquelle une femme rencontre la geisha dont son mari est épris ; Horoshige HakkeiSur huit estampes de Hiroshige –, une pièce mêlant chant shinnai et danse traditionnelle ; enfin, Chronique de la bataille d’Ichi-no-Tani, une pièce à laquelle participe Hachiôji-kuruma ningyô, une compagnie de théâtre pour marionnettes dont la particularité réside dans le fait que chaque manipulateur est assis sur un siège à roulettes.

Une belle introduction à un art qui faisait la fierté d’Edo.