Eddie Palmieri au New Morning

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Eddie Palmieri au New Morning

C’est un signe qui ne trompe pas. Les beaux jours sont là, Eddie Palmieri aussi avec sa salsa explosive mâtinée de latin jazz. En bon oiseau migrateur, il a fait du New Morning un point de passage obligé, variant les formules entre les deux pôles susnommés.

Cette année c’est le côté latin, « bailable », qui l’emporte. Aux trois chanteurs/choristes emmenés par le fidèle Herman Olivera, s’ajoute la section de cuivre salsera de base : deux trompettes et deux trombones dont celui de Jimmy Bosch. On glisse même vers le « típico » grâce au tres du vétéran Nelson González, un cador bien connu des aficionados pour ses participations au classique Ready for Freddy de Patato ou au dernier album de Graciela avec Cándido.

Mais le Portoricain, né et élevé à New York, ne renie pas pour autant son amour pour le jazz. On se souvient qu’il nous avait dégotté un David Sánchez à l’orée de sa carrière lors de sa tournée estivale de 1990. Aujourd’hui le jeune espoir se nomme Louis Fouché, un saxophoniste encensé par la critique. On suivra également le trompettiste Jonathan Powell au curriculum vitae déjà plus étoffé (Sam Rivers, Gary Thomas, JT Taylor, Lenny White…).

A soixante-seize ans Monsieur Eddie n’est peut-être plus le fougueux percussionniste frustré qui cassa le piano de son employeur Johnny Seguí – d'où son surnom de « Rompetecla » –, épisode qui provoquera dès 1961 la fondation de sa propre formation afin d'assumer seul les conséquences de son tempérament de feu. Il continue cependant d’aligner tumbaos chaloupés, envolées lyriques et accords percussifs comme au bon vieux temps.

Par Didier Ferrand | akhaba.com | 2013-06-12

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