Aruna Sayeeram chante au Théâtre de la Ville

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Aruna Sayeeram chante au Théâtre de la Ville

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Photo Kamrouz

Depuis le révélation au monde de Ravi Shankar et de son sitar, suivi de celles de Villayat Khan (chant, sitar), des frères Dagar (chant dhrupad), de Bismillah Khan (shehnai), de Ram Narayan (sarangi) ou Lakshmi Shankar (chant khyal), l’Occident a surtout goûté la musique de l’Inde du Nord, négligeant la mélodie carnatique du Sud et ses magiciens, le chanteur légendaire Chembai Bhagavatar, la populaire M. S. Subbulakshmi (chant), le virtuose S. Balachander à la rudra veena grave et majestueuse.

La culture hindoustani, prisant davantage l’improvisation, s’est faite influencée par la musique persane, la carnatique, elle, est restée plus proche de leurs racines communes, leurs râgas originels, fondés il y a vingt-deux siècles !

Née à Mumbai (Bombay), installée à Chennai, Aruna Sayeeram réunit les deux arts avec sa voix aérienne, sobre et stylée. Grandie dans une famille tamoule dont la mère est chanteuse professionnelle, recevant les artistes tel le célèbre flûtiste T. R. Mahalingam, Aruna commence dès ses dix ans à s’initier aux techniques et finesses de la musique carnatique, avant d’apprécier les airs hindoustanis, fidèle à son clan ouvert sur d’autres genres. Elle ira même jusqu’à mêler ses déclamations épanouies au chant grégorien, à la musique arabo-andalouse.

Il faut dire qu’à ses dix-huit ans, Aruna a rencontré la musique classique européenne, passant quelques mois d’étude dans un conservatoire d’Allemagne. Un parcours qui en fait une artiste atypique aux yeux des tenants de l’orthodoxie carnatique, tradition rigoureuse emprunte de spiritualité mais où Aruna excelle pour la justesse de sa note, sa conduite perfectionnée du chant, évitant les vocalises hasardeuses.

Une maîtrise et une sérénité admirablement servies par le violon de H. N. Bhaskar, le tambour  mrindangam de J. Vaidyanathan et la percussion en terre cuite ghatam de S. V. Ramani. Aruna Sayeeram, qui se définissait « cygne noir parmi les cygnes blancs », est la diva qui popularise le chant carnatique. Elle revient le samedi 14 avril au Théâtre de la Ville, retrouvant la scène parisienne où elle a chanté la dernière fois en novembre 2007.

Par David Marif | akhaba.com | 2012-04-12

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