Mário Lúcio revient à Paris

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Mário Lúcio revient à Paris

Il devait faire à Paris la promotion de son dernier disque, Kreol, quand il a été nommé ministre de la Culture de son pays en mars 2011, annulant ainsi ses concerts promotionnels. L’avocat et ex-député du PAICV, le parti né de l’indépendance du Cap-Vert en 1975, Mário Lúcio revient ce vendredi 12 octobre dans la Ville lumière, au Studio de l’Ermitage, pour jouer notamment ce disque, certainement le plus beau de sa discographie jusqu’ici.

Une quête admirable de sa créolité, qui a fait parcourir au descendant d’esclaves africains et de colons européens près de 100 000 kilomètres et sept pays, partant à la rencontre de cousins, de « frères » et de « sœurs ». Des vedettes telles les Martiniquais Ralph Thamar et Mario Canonge, le Brésilien Milton Nascimento, le Cubain Pablo Milanés, la Portugaise Teresa Delgado du groupe Madredeus, la formation percussive sénégalaise Gorée Afro Djembé.

Une boucle qui se termine à son point de départ, le Cap-Vert, pour un émouvant duo avec la regrettée Cesaria Evora, la diva qui a fait découvert au monde son petit archipel africain et ses cadences les plus emblématiques, la morna intimiste et la coladeira extravertie. Mário n’oublie pas les rythmes de sa terre natale, Santiago, la plus grande et la plus verte île du Cap-Vert, le finaçon, la tabanka, le colecho, le batuque, le funaná.

Le leader de l’ancien et excellent groupe Simentera (1992-2004) chante de sa voix pure une musique profondément créole. C’est-à-dire un répertoire de guitare, cavaquinho, piano, le violon monocorde cimboa, cajón, basse électrique, qui pétrissent dans un même élan tempos capverdiens, bossa, samba, nueva trova cubaine, berceuse portugaise, biguine.

Ecrivain, peintre, conférencier, imprégné de mysticisme, Mário Lúcio rappelle aussi dans son chant une population unique au Cap-Vert, les Rabelados (rebelles), des familles qui ont refusé l’église officielle pour vivre isolées du monde, sur une côte de Santiago où ils chantent leur liturgie polyphonique et fortement africaine.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-10-11

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