Les Voyages Musicaux de Marco Polo passent par Pleyel

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Les Voyages Musicaux de Marco Polo passent par Pleyel

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En Chordais et l'Ensemble Constantinople © Vanias Xydas

Les Voyages Musicaux de Marco Polo est un concert évènement autour de l’odyssée du célèbre commerçant vénitien, orchestré par le compositeur grec Kyriakos Kalaitzides. Avec son héros-titre, son impressionnante  tournée mondiale fait une escale à la salle Pleyel le 14 juin.

Surenchérissant le disque homonyme, les ambiances musicales traditionnelles jalonnent sur scène une narration véritable, menant le spectateur de Venise à la Chine de la Renaissance. Certes le périple avait déjà inspiré d’autres ensembles de musique ancienne, mais Kalaitzides pousse ici la Route de la Soie jusqu’à son terme.

Voyage dans le temps mais aussi voyage dans l’Asie profonde. A la façon d'un B.O., sa musique l’accompagne sur une quinzaine de tableaux instrumentaux, où ambiances méditatives alternent avec les tempêtes orchestrales. Venise est par exemple évoquée par des chants de la Renaissance (Lamento di Tristano), auxquelles les ensembles En Chordais et Constantinople excellent habituellement. Très complémentaires sur le plan sonore, ces formations, toutes deux à la croisée des musiques du Proche Orient et de la Renaissance, se sont bien trouvées dans cet imaginaire.

Une fois passée la mer Egée, le oud et l’inspiration byzantine d’En Chordais soutiennent une évocation romantique du Levant. Les musiciens de Constantinople l’épaulent significativement en arrangements fougueux (Galop), même si ceux d’A Xanadu évoquent davantage l’Iran de Madjid Derakshani que la Chine promise par le titre. A cet égard, les frères Tabassian sont la caution persane, s'il en fallait, de cet orchestre « imbriqué ».

Plus à l’Est, la caravane musicale aborde l’Asie steppique dans toute sa diversité : Route de la Soie, Ouzbékistan, Désert de Gobi, Mongolie... Il a donc fallu composer des ambiances indiennes (Cinq marches), chinoises (Yi Zu Wu Qu) ou sibériennes (Chandmani nutag), pas forcément familières à ces musiciens. Parenthèses caricaturales de matins calmes ; étendues davantage fantasmées qu’explorées, obtenues en adossant tour à tour à En Chordais les artistes Lingling Yu  (luth pipa), Dhruba Ghosh (vièle indienne sarangi), Amartuvshin Baasandorj (luth mongol tovshuur),  Seungmin Cha  (flûte coréenne daegeum) et Nodira Pirmatova (dotâr tadjik). 

Autant de défis pour le compositeur, qui s’échine à la scène à échafauder l’unité artistique de ces étapes exotiques. Entre pipa et dotâr, son oud les pave chacune d’une foison de digressions bourdonnantes. Si l’expérience orchestrale des Voyages Musicaux de Marco Polo assure à En Chordais d’hypothétiques perspectives, nombre d’acteurs de ce projet alchimique, un brin mégalomane, s’invitent déjà sur l’album solo Exile de Kalaitzides.

Original, l’évènement scénique suit de près, sur les planches de Pleyel, la création Leylâ et Majnûn ou L'Amour mystique d'Armand Amar. Deux expérimentations hors normes, entre musique du monde et musique ancienne, à la recherche d’un public atypique et sans préjugés. La salle parisienne ébauche de la sorte un éclectisme qui pourrait éventuellement présider à sa mue prochaine.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

"Les Voyages musicaux de Marco Polo" le 10 décembre 2013 à Athènes

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