La Sierra Maestra descend sur Paris

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La Sierra Maestra descend sur Paris

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Sierra Maestra © Bartosz Madejski

La constance, voilà bien l’une des valeurs que défend la formation Sierra Maestra ! Constance dans le format et dans le répertoire, et fidélité envers ses publics : les pays scandinaves, l’Angleterre et la France. C’est en 1983 qu’elle se présente pour la première fois dans notre beau pays… devant une poignée de spectateurs, avec un nom mythique, celui des montagnes refuge des révolutionnaires barbudos des frères Fidel et Raúl Castro et de Ché Guevara dans l’Est cubain, région berceau du son. Les années qui suivirent furent plus heureuses en terme de foules pour le groupe, avec comme points culminants l’album Dundunbanza ! (1994) et le tournage du film Salsa (2000). Leur dernière apparition à Paris remonte au concert du 6 août 2005 (jour de la disparition d’Ibrahim Ferrer) à la Villette. C’est dire s’ils sont impatients de retrouver le 13 mars au temple du jazz parisien le public francilien !

Rassemblés en 1976 en groupe d’amateurs, ces jeunes étudiants de La Havane se donnent comme ligne directrice la remise au goût du jour du son des années 1920, dans le style des septetos, à coups de chant, tres, bongo, güiro, maracas, cuivres, guitare. Un pari risqué à l’heure où la nueva trova accaparait les médias cubains depuis une dizaine d’années et où le renouveau de la musique cubaine était incarné par Los Van Van ou Irakere. Pour s’imprégner de cette culture sonera un peu oubliée, les Sierra Maestra se rapprochent de Rafael Ortiz et d'autres membres du patrimonial Septeto Nacional. Le résultat ne se fait pas attendre avec l’immense succès du Guanajo relleno, un son d’Ignacio Piñeiro. Sierra Maestra rafle dans la foulée le prix Egrem de la popularité trois ans de suite, provoquant l’ire des formations professionnelles !

L’orchestre aurait pu sombrer à plusieurs reprises, après les départs successifs du trompettiste Jesús Alemañy (Cubanismo) et du tresero Juan de Marcos González (Buena Vista Social Club et Afro-Cuban All-Stars). Il n’en a rien été. Chaque fois Sierra Maestra a su repartir de l’avant, même après la mort tragique en novembre 2005  à Copenhague du chanteur Maceíto. De fait, la stabilité du personnel a quelque chose de remarquable pour un collectif qui fête ses trente-six  ans de carrière, avec pas moins de cinq membres historiques et de nouvelles recrues qui se sont intégrées sans altérer sa réputation sonore mais en y apportant un sang nouveau : Emilo Ramos, virtuose du tres, Yelfris, trompettiste venu du jazz, et Jesús Bello, chanteur lauréat du concours El Sonero del año en 1995.

Il est si rare de pouvoir apprécier sur scène un groupe qui sait allier tradition et modernité, plaisir de la fête et professionnalisme, musique populaire et virtuosité. Une formation qui se maintient dans la préférence du public sans grand plan médiatique, mais tout simplement grâce à… la constance du travail bien fait !

Par Didier Ferrand | akhaba.com

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