Rabih Abou Khalil en Banlieues Bleues

concert

Rabih Abou Khalil en Banlieues Bleues

Connu pour des créations et collaborations multiformes, le oudiste Rabih Abou-Khalil vient jeudi 12 avril à Clichy-sous-bois dans le cadre de la 29e édition du festival Banlieues Bleues avec sa formation de prédilection, le quintet. Un groupe où se croisent les origines et les pays, outre le Liban de Rabih, l’Italie de Gavino Murgia (saxophone soprano et chant sarde) et Luciano Biondini (accordéon), la France de Michel Godard (tuba) et les Etats-Unis de Jarrod Cagwin (batterie).

En 1978, Rabih Abou-Khalil fuit Beyrouth en proie à la guerre civile pour Munich, la tête pleine des subtilités du maqam ancestral, les doigts empreints des vibrations du sultan des instruments arabes, le oud appris au conservatoire. En Allemagne, il étudie la musique classique, s’éprend du jazz et trouve son chemin : une musique personnelle, sensible, une composition enracinée et nouvelle à la fois.

Son jeu, méditatif ou agile, créé des ambiances oniriques, originales, qui captivent vite l’auditoire, submergé alors par des lames d’émotion, émancipé de toute culture nationale, régionale. Le virtuose libanais est un amoureux de la transgression entre les genres et les chapelles, non sans une pointe de malice.

Il invente un style fluide, qui semble aller de soi, un bluff faisant croire que le oud est un instrument naturel du jazz alors qu’il s’agit d’une construction sophistiquée, patiente, recherchée. Il orientalise le jazz et jazzifie le maqam. Chez Abou Khalil, la note bleue est teintée de l’ocre de l’Orient.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-04-09

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