Groove étourdissant à Aubervilliers

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Groove étourdissant à Aubervilliers

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Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou © Youri Lenquette

Formé après le passage en 2005 de l'ouragan Katrina anéantissant une grande partie de la Nouvelle-Orléans, le Hot 8 Brass Band est devenu un groupe majeur de la scène locale où se faire une place relève de l’exploit tant la ville regorge de talents.

Inspirés par la tradition néo-orléanaise de la « marching music », les huit souffleurs et frappeurs du Hot 8, dont les plus âgés ont tout juste la quarantaine, constituent avant tout une fanfare funk, une clique hip hop aussi qui verse parfois dans la soul quand elle reprend le mythique morceau Sexual Healing de Marvin Gaye (1939-1984).

Des cuivres percutants, des peaux palpitantes, le Hot 8 BB développe un bourdonnement d’harmonies magnétiques nourries par une ville aux vibrations surnaturelles, métropole nord-américaine de la magie noire, tournée vers les Caraïbes africaines.

Le Hot 8 ne précède pas par hasard sur les planches de l’Embarcadère – la scène albertivillarienne (d’Aubervilliers, banlieue Nord de Paris) –  dans le cadre de la 17e édition du festival Villes des Musiques du Monde, le Tout Puissant Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, collectif issu du berceau du vaudou, le Bénin.

« Nous sommes dans tous les genres. Nous faisons du latino, du funk, du voodoo chile. Nous faisons tous les rythmes. C’est ce qui fait que nous nous appelons Poly-Rythmo » proclame le groupe béninois qui a pratiquement l’âge, près d’un demi-siècle, de la chanson légendaire (Voodoo Chile) de Jimi Hendrix (1942-1970). Bref, le TP Orchestre, qui a été longtemps méconnu hors du Bénin, constitue désormais un patrimoine de la musique moderne africaine avec un demi-millier d’enregistrements, de chansons aux voix suaves.

Grandi avec le twist français, le funk de James Brown, le Poly-Rythmo s’est accaparé des swings africains puissants, tels les afrobeat et highlife nigéro-ghanéens, rumba congolaise, salsa, soul que le groupe a mêlé de traditions béninoises yorubas, fons, gouns, ewés, minas sur des compositions de trompette, saxophone, trombone, guitare, basse, congas, batterie, clavier.

Un chaudron que la troupe a servi pendant plusieurs années dans les resto-dancings de Cotonou, première ville du Bénin, avant le grand sommeil du groupe jusqu’à son réveil vers 2007, amorcé par la journaliste française Elodie Maillot, pour tourner sur les scènes d’Europe, d’Amérique du Nord, du Brésil, où leur revival fait envoler la cote de leurs vieux vinyles et leur procure quelques rééditions pour le plus grand bonheur des fous du groove étourdissant.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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